Ce ne sera pas long

22 11 2009

La pièce de théâtre Sacré cœur, d'Alain Vadeboncoeur et d'Alexis Martin, propose des angles de vue fragmentée de la condition humaine et de l'urgence de vivre à travers la lorgnette d'une série d'anecdotes dramatiques se déroulant dans la salle d'urgence d'un hôpital.

Il y a de tout dans cette pièce à plusieurs niveaux de compréhension. De la philosophie, de la poésie, de la comédie, de la médecine, de la vie, de la mort, de la littérature, du théâtre, de la performance d'acteurs, du plaisir et tout cela est assaisonné d'un soupçon d'humanisme constant, même dans les moments les plus durs de la pièce.

Le brio d'Alexis Martin, le metteur en scène, est d'avoir réussi à amalgamer tous ces ingrédients dans une trame narrative où se retrouvent presque les unités de formes, d'action et de temps. Car tous les fragments de vie qu'on rencontre dans cette salle d'urgence entretiennent un rapport étroit avec le personnage central, l'urgentiste de nuit, qui sera transformé par une erreur médicale qu'il commet devant des témoins médusés.

Cela aurait pu être un drame, voire une tragédie, mais la touche d'humour qui traverse toute la pièce permet d'avaler la pilule avec un sourire.

Les comédiens sont d'ailleurs tous transportés par l'histoire de cette nuit à l'hôpital et ils vont puiser au plus profond d'eux-mêmes pour nous émouvoir. La direction d'acteurs est exemplaire et aucun comédien ne jure dans ce décor aseptisé. L'urgentiste direct, froid, sec, vindicatif, tourmenté, humain, fatigué et complètement démoli à la fin est magnifiquement incarné par Stéphane Demers. Édith Paquet joue une infirmière douce, compréhensive, attentive, sensible et aimante de façon touchante et attachante. Quant à Muriel Dutil, elle est simplement remarquable dans tous les personnages qu'elle rend de façon plus véridique les uns que les autres. Finalement, Alexis Martin et Jacques L'Heureux s'amusent manifestement à interpréter des personnages fortement typés qui nous font tantôt sourire, tantôt s'attendrir devant leur sort.

Bref, Alexis Martin et Alain Vadeboncoeur nous tendent la main gentiment, en attendant, pour que le moment venu, ce ne soit pas trop long.

 




Bob Gainey le fossoyeur bis

08 10 2009

Voici la liste des joueurs repêchés en première ronde après le choix du Canadien de Montréal depuis l'arrivée en poste de Bob Gainey comme directeur général en 2003. Ce sont donc des joueurs que le Canadien aurait pu repêcher si les dépisteurs de la Flanelle avaient eu un peu plus de flair...

2003 : Choix du Canadien : Andrei Kostitsyn

2004 : Choix du Canadien : Kyle Chipchura

  • Travis Zajac
  • Mike Green

2005 : Choix du Canadien : Carey Price

  • Devin Setoguchi
  • Luc Bourdon
  • Anze Kopitar

2006 : Choix du Canadien : David Fischer

  • Bobby Sanguinetti
  • Claude Giroux
  • Patrik Berglund

2007 : Choix du Canadien : Ryan McDonagh

  • Angelo Esposito
  • David Perron

2008 : Choix du Canadien : Danny Kristo en deuxième ronde. Pas de choix en première.

2009 : Choix du Canadien : Louis Leblanc

Pas de joueurs qui se démarquent jusqu'à maintenant cette année dans ce dernier repêchage.

Bref, les quatre dernières années de repêchage n'ont pas amené de gros joueurs au grand club. Quant aux années précédentes, il y aurait eu beaucoup de choix plus judicieux que ceux du Canadien. Bob Gainey sait-il s'entourer des bons recruteurs de talents? Et c'est sans compter les joueurs de premier plan qu'il a laissé partir pour presque rien. En d'autres mots, Bob Gainey sait-il reconnaître le talent et bien évaluer les joueurs qu'il met sous contrat ou qu'il repêche?

Les joueurs perdus depuis l'arrivée de Bob Gainey (échangés ou qui ont simplement quitté sans contrat) : Mike Ribeiro; Michael Ryder; Saku Koivu; Richard Zednik; Sheldon Souray; Patrice Brisebois; Francis Bouillon; Joé Juneau; Steve Bégin; Craig Rivet; Mike Komisarek; Alex Kovalev; Ron Hainsey; Christopher Higgins; Radek Bonk; Alexander Perezhogin; Mark Streit; Sergei Samsonov; Mikhail Grabovski; Alex Tanguay; Robert Lang; François Beauchemin; etc.

Que de talents perdus pour garder une équipe en morceau avec un seul trio de petits joueurs (Gionta, Cammalleri et Gomez)! C'est d'une tristesse pour les amateurs qui voient leur équipe s'étioler ainsi et qui ne peuvent que prendre une Molson pour se consoler...

 




La Burqa intérieure

25 09 2009

Une belle femme s'est enlevé la vie hier étouffée dans sa burqa intérieure. L'expression n'est pas de moi, mais de Nelly Arcand qui disait aussi, pour décrire la prison dorée dans laquelle on enferme les femmes, la burqa de chair. Beauté plastique, chirurgie esthétique, botox, liposuccion, collagène, blanchiment des dents, orthodontie, teinture, maquillage, etc., ce sont des armes qui tuent. Pour le plaisir des hommes.

J'ai toujours pensé que les belles femmes sont aussi victimes de leur beauté, car elles sont prisonnières de leur image. L'image de la beauté calquée sur le désir masculin. Tout pour plaire aux hommes. Même si cela veut dire ressembler à de jeunes filles en fleur. Car le désir masculin se dirige tout droit vers la pédophilie, sans le dire. On projette partout l'image de la beauté féminine comme celle d'une jeune fille d'à peine 18 ans.

Les mannequins doivent se soumettre à des régimes alimentaires sévères pour rester, en apparence, jeunes et minces, pour ne pas dire maigres, sans défense. Et les femmes doivent ressembler à ces fillettes, pour suivre la mode.

Tout l'appareillage de la mode inculque le désir malsain de la jeunesse éternelle. Pour les femmes, cela veut dire lutter toute leur vie contre le temps, contre les transformations naturelles du corps féminin qu'on ne veut pas voir. D'où l'expression de Nelly Arcand de burqa intérieure ou de chair. Cette burqa que doivent porter toutes les femmes pour ne pas être vues. On ne veut voir que la jeune fille, à peine majeure, pour sauver les apparences. Pourtant, il y a quelque chose de maladif dans cette idéalisation de la beauté féminine adolescente. Quelque chose de tyrannique. Quelque chose qui tue.

 




Internet rend-il idiot?

10 08 2009

Il y a d'abord eu la mémoire, ensuite le livre, maintenant Internet. Le texte retenu, mémorisé et transmis par la parole. Ensuite le texte écrit et imprimé, transmis par différents supports jusqu'au papier. Maintenant, les signes numérisés, supportés par les écrans. La mémoire qui mémorisait les histoires a commencé à laisser des traces sur les textes. Maintenant, les textes vont s'empiler dans des mémoires électroniques de façon presque imperceptible par l'esprit humain. Et sur Internet, l'éphémère règne. Du site Internet rempli de contenu à sens unique, du concepteur vers le récepteur-lecteur, on est passé au blogue interactif plus court. Les textes doivent être courts pour que les lecteurs réagissent. Puis, pour faire plus court encore, on est rendu à Facebook et à Twitter, qui remplissent de plus en plus l'espace virtuel de la toile. On se limite à des bribes de mots, d'un paragraphe à quelques caractères. C'est de l'atrophie intellectuelle. Internet célèbre la mort de l'écriture continue, des expériences littéraires de longue haleine.

À lire absolument, un dossier du New York Times sur l'influence de l'Internet sur la lecture, traduit ici. Goolge nous rend-il idiots?




Bob, le fossoyeur du CH

03 07 2009

Bob Gainey vient de désavouer son plan quinquennal en se départissant d'une dizaine de joueurs qu'il avait amenés avec le Canadien de Montréal depuis cinq ans. De plus, il a hypothéqué l'avenir du club en échangeant de jeunes joueurs repêchés au premier round (Higgins, McDonagh...) et en dilapidant les fonds de l'équipe pour les cinq prochaines années en mettant sous contrat fort lucratif des joueurs de deuxième trio qui n'ont jamais connu plus qu'une bonne saison dans la ligue nationale.

De plus, les François Beauchemin, les Alex Tanguay, les Patrice Brisebois, les Francis Boullion, etc., n'ont pas été retenu dans les emplettes de fin de saison du directeur général du seul club qui a été fondé pour donner une chance de jouer aux hockeyeurs francophones dans la ligue nationale.

Bref, encore une fois, Bob (et Trevor Timmons) montre son incompétence à gérer un club de hockey dans la nouvelle ligue nationale et son incompréhension de la dimension sociale des Glorieux.

Le Canadien de Montréal a-t-il une meilleure équipe que l'an passé? Pas sûr. En tout, une chose est certaine, le Tricolore est un club de petits joueurs qui aura encore de la difficulté à faire les séries cette année. L'histoire se répète depuis le départ de Patrick Roy et de Serge Savard. Le CH n'appartient plus aux Québécois. Bob Gainey construit un club à l'image des Maroons de Montréal. Les fans ne sont plus que les morons qui continuent d'appuyer une illusion avec nostalgie.





Une p'tite vite?

18 05 2009

Je remarque, sur tous les blogues que je fréquente et sur le mien, que les billets courts sont toujours plus populaires et que les réactions sont plus nombreuses qu'à la suite de plus ou moins longs textes. Est-ce à dire que les p'tites vites sont toujours plus appréciées que les longs préliminaires et les lents développements? Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les blogues à cet égard, mais ce serait long et personne ne lirait jusqu'au bout. Aussi bien hacher le contenu en petites parties. À la prochaine!




De la santé jusqu'à la fin de vos jours!

14 05 2009

Lorsqu'on souhaite à quelqu'un de la santé jusqu'à la fin de ses jours, est-on conscient qu'on lui souhaite presque de mourir subitement? Car si la personne est en santé, elle ne mourra pas de maladie ni de vieillesse, mais à la suite d'un accident, puisque la personne était en santé par définition au moment où l'incident est survenu...

Quoi qu'il en soit, la personne est en santé jusqu'à la fin de ses jours, donc elle ne vieillira pas dans un hospice, ni ne mourra aux soins intensifs, ni tranquillement dans un lit d'hôpital sous des doses massives de morphine. Dans le fond, ce que l'on souhaite lorsqu'on dit à quelqu'un de la santé jusqu'à la fin de vos jours, c'est qu'elle meurt sans s'en rendre compte. Pas immédiatement, évidemment, mais que la mort la surprenne sans qu'elle puisse se méfier ou se préparer. Que la mort passe inaperçue!

On ne veut pas voir la mort venir, jamais. On la repousse du mieux qu'on peut en se gardant en santé. Pour vivre plus longtemps et plus intensément, dit-on. Car on ne peut y échapper. Pourtant, la santé demeure le dernier rempart contre la maladie et la mort. C'est une tautologie. On veut éviter la mort en se gardant en santé le plus longtemps possible.

D'un autre côté, on ne veut pas que le temps marque notre corps de façon indélébile; ce qu'il ne manquera pas de faire assurément. De la santé jusqu'à la fin de nos jours pour parodier notre désir d'éternité. Vieillir en santé, contre le temps qui désagrège les éléments, quels qu'ils soient. Nier que le corps s'use. Le bichonner comme notre bien le plus précieux. De la santé jusqu'à la fin de nos jours marque une étape de l'évolution humaine qui idolâtre le physique, l'apparence au détriment de la spiritualité, de la recherche du bonheur par la voie des cieux comme au temps jadis.

Vieillir plus vieux, plus en forme, plus en santé, plus en beauté, voilà l'objectif ultime de tout un chacun. Le mantra pour garder le cap : de la santé jusqu'à la fin de vos jours. L'église nouvelle : les centres de conditionnement physique qui pullulent. Les prêtres : les entraîneurs. Les messes : les ordres donnés, les conseils, les imprécations des diététiciens. La nourriture saine a remplacé la nourriture spirituelle. La pénitence, c'est faire de l'activité physique jusqu'à ce que la sueur sorte de partout. Le méchant, le mal, sort de ce corps! L'antéchrist a été remplacé par les oxydants, l'hostie par les antioxydants.

On ne monte plus les marches de l'Oratoire Saint-Joseph à genoux pour atteindre le paradis, mais pour se tenir en forme et avoir un corps sculpté apollinien.

Bref, je vous souhaite de la santé... jusqu'à la fin de vos jours...




En avoir ou pas

10 05 2009

Ce texte est déjà paru dans La Presse l'an dernier sous la rubrique Ah! La vie!

«Maintenant que vos enfants sont assez grands pour se garder eux-mêmes, je vais enfin pouvoir vous inviter à souper chez moi.» C'est ainsi qu'un vieil ami nous a invités dans sa demeure pour souligner un événement important. Il avait attendu que nos enfants soient assez vieux pour ne plus avoir à les inviter eux aussi afin de nous recevoir.

D'un côté, on pourrait prendre cette marque d'attention de façon très positive en se disant qu'il voulait surtout nous rencontrer, nous comme couple, sans les enfants qui viendraient immanquablement perturber nos discussions. D'un autre point de vue, on pourrait s'offusquer de cette invitation en supputant que nos enfants, donc une partie importante de notre vie, sont à dédaigner.

On sait bien qu'il y a des gens qui ne supportent pas les enfants, comme s'ils ne l'avaient jamais été eux-mêmes. Certains autres les perçoivent comme des menaces pour la quiétude des conversations et la préservation de leurs biens fragiles.

Mais cette remarque en apparence anodine de notre copain révèle davantage de choses. Il y a d'abord de l'indifférence à l'égard des enfants et un agacement face à leur présence. Ensuite, plus profondément, il y a un choix de vie qui ne mérite pas le droit de citer dans la société d'aujourd'hui.

En effet, les parents ont souvent l'impression de déranger ou d'ennuyer ceux qui n'ont pas d'enfants lorsqu'ils parlent de leur progéniture. Pourtant, ceux qui n'en n'ont pas ne se gênent pas pour raconter pendant des heures leurs nombreux voyages, les pays visités et les endroits secrets découverts de par le vaste monde.

De fait, ceux qui n'en n'ont pas discutent de vins, de voyages, de loisirs chers en imposant ainsi leur mode de vie comme sujet universel de discussion. Mais ils se montrent aussitôt agacés lorsque des enfants entrent dans leur décor. Tout au plus, ils peuvent les tolérer quelques heures s'ils ne parlent pas trop et ne font pas trop de bruits.

Par contre, ceux qui en ont savent combien il est difficile de glisser dans les conversations des allusions à leur vie familiale pourtant bien remplie. Quand ils parlent des bons coups de leur progéniture ou du bonheur d'avoir des enfants, ils sont fatalement jugés comme des personnes obnubilés par leur choix de vie et qui veulent se convaincre de la justesse de ce choix aux yeux des autres. « On le sait bien que vous avez des enfants, ne venez pas vous en vanter en plus! »

De même, ceux qui en ont savent qu'il est presque impossible de parler de leurs difficultés de vie familiale, tant le sujet est tabou ou ennuyeux. « Vous avez voulu avoir des enfants, ne venez pas vous plaindre en plus! »

Pourtant, une étude révélait l'an dernier que le coût moyen pour élever un enfant au Canada était de 10 000 $ par année! Deux enfants représentent donc un déboursé de 20 000 $ par an. Ainsi de suite. On comprend alors l'hésitation des jeunes de vouloir fonder une famille.

Bref, pour avoir des enfants, il faut savoir se priver afin de partager les ressources limitées et surtout se priver d'en discuter. Car ceux qui n'en ont pas ne veulent pas savoir combien il est difficile de joindre les deux bouts pour une famille. Ils ne veulent pas savoir davantage que la vie familiale regorge de moments de pur bonheur, de moments uniques et inoubliables.

«Vous en avez voulus, alors assumez-en les conséquences! Ne venez surtout pas nous achaler avec vos doléances familiales ou vos émerveillements devant les exploits de vos rejetons! Mais écoutez comme il est agréable de manger dans les restaurants branchés, de voyager partout sur la planète, d'assister à tous les spectacles, de lire les derniers livres à la mode, de se louer des chalets l'été et de prendre une retraite au soleil. En paix, sans enfants dans les parages...»




Le décrochage scolaire et les syndicats

28 04 2009

C'est la faute des syndicats et des conventions collectives!

Je suis tanné d'entendre dire par à peu près tout le monde que, lorsque quelque chose va mal, c'est la faute des syndicats. Lorsque l'économie va mal, c'est la faute des syndicats. Lorsque les élèves décrochent, c'est la faute des syndicats et à leurs trop rigides conventions collectives qui empêchent les enseignants et les écoles de mettre de l'avant des projets innovateurs. Lorsqu'il pleut trop souvent, c'est également la faute des syndicats qui font des « lignes de piquetage » à tout bout de champ... qui se transforment en danses de la pluie!

Sans compter que, si l'économie va mal, ce n'est pas la faute des hommes d'affaires véreux et des spéculateurs, mais des syndicats qui déclenchent des grèves qui, comme on le sait, ne donnent jamais rien.

Pourtant, s'il n'y avait pas eu de grèves dans le passé, on n'aurait pas des conditions de travail acceptables ni de salaires décents aujourd'hui. Si les étudiants avaient déclenché des grèves lorsque les gouvernements menaçaient de dégeler les frais de scolarité dans les années 80, ils paieraient peut-être beaucoup moins cher pour leur session à l'université aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit de l'efficacité ou non du syndicalisme en général, cela n'a jamais empêché aucun enseignant de proposer ou de réaliser des projets innovateurs, en tout cas au Collège où j'enseigne. C'est plutôt l'administration qui met des bâtons dans les roues quelquefois et qui empêche certains projets de voir le jour. Jamais le syndicat.

Le plus drôle, ou le plus pathétique, c'est que ce sont souvent ceux qui gueulent le plus contre les syndicats qui sont les premiers à recourir à leurs services lorsque quelque chose ne fonctionne pas à leur goût. Ce sont souvent les premiers à exiger que les syndicats les protègent contre tel ou tel abus de la part des patrons ou du gouvernement.

Finalement, à qui cela profiterait-il le plus que les conventions collectives soient plus souples, moins contraignantes, moins protectrices? Qui détient le pouvoir dans les écoles ou qui voudrait en avoir davantage?

En fait, le seul contrepoids que détiennent les enseignants face au pouvoir énorme du gouvernement et des directions d'établissement scolaire consiste à militer dans un mouvement syndical fort qui peut lutter à armes presque égales avec les patrons. Sinon, aussi bien revenir aux conditions de travail des enseignantes de rang qui non seulement étaient méprisées par la population en général, mais à peine respecter par les élèves. Sans compter que leur salaire les réduisait souvent à la quasi-pauvreté...

 




Ipod, Walkman et individualisme

25 04 2009

J'ai beaucoup de difficulté à écouter de la musique sur mon iPod. C'est que, lorsque je mets les écouteurs dans mes oreilles, j'ai l'impression de me couper du monde. Les bruits ambiants disparaissent pour laisser la place à de douces mélodies.

Je sais que c'est cela le principe même des lecteurs MP3, se couper du monde pour rentrer dans son propre univers musical. Mais j'ai beaucoup, beaucoup de misère à me cloisonner dans un univers parallèle à celui dans lequel je baigne corps et âme. S'évader, c'est le mot à la mode. Partir en vacances, en voyage, triper, oublier, se ressourcer, couper les ponts, tailler la zone, etc. Le iPod permet de s'évader à peu de frais dans un univers sonore personnel, tout en étant en plein milieu du bruit et de la fureur du monde citadin, par exemple. Pourtant, j'aime encore mieux les tonitruants bruits des marteaux-piqueurs que la douce voix de Chloé Sainte-Marie lorsque je suis à proximité d'un chantier de construction.

Je suis fait comme cela, on dirait. Écouter de la musique à tue-tête, pour enterrer le bruit ambiant de la rue ou des voisins, très peu pour moi. Je tiens à rester connecté à mon monde. Sans doute est-ce dû à un sentiment d'insécurité. Pour me reposer les tympans, rien de mieux que de découvrir un endroit calme et « écouter » le silence.

Cela me rappelle que Sony avait lancé son Walkman dix années trop tôt. Le produit imaginé par Cyrano de Bergerac avait fait son entrée dans le monde au mauvais moment. La compagnie Sony avait reconnu son erreur. Les gens n'étaient pas prêts à se séparer les uns des autres en public par un rideau musical. Les mélodies servaient plutôt à rassembler les individus. L'esprit communautaire qui avait cours dans les années 70 ne préparait pas les jeunes à s'isoler les uns des autres en se mettant des écouteurs sur la tête. C'est seulement dix ans plus tard que Sony a pu relancer son produit, le Walkman, avec succès. L'esprit communautaire avait laissé sa place à l'individualisme. Les dirigeants de Sony ont flairé la bonne affaire et ils ont ressorti le produit qui avait connu un retentissant échec dix années plus tôt.

Aujourd'hui, non seulement on se promène avec des écouteurs sur la tête, mais de plus en plus de personnes ont des téléphones miniatures dans leurs oreilles. Ils portent des lunettes, ils ont des dents blanches tout alignées et ils parlent sans arrêt à d'autres individus absents de leur entourage immédiat, tout en écoutant de la musique. Et souvent, ils divorcent, car ils ne sont plus capables de s'entendre ou de se parler. Ce qui revient au même.

 




I'm a frog, your a frog, kiss me

08 04 2009

Il était une fois un étang à grenouilles. Tous les jours, la population de grenouille augmentait du double de sa population totale. La première journée, il y avait une grenouille. La deuxième, deux grenouilles. La troisième, quatre amphibiens. La quatrième, huit. Etc.

Supposons que l'étang sera rempli de grenouilles le centième jour. À quel moment l'étang sera-t-il rempli à moitié?

Si vous avez répondu au cinquantième jour, vous avez répondu trop rapidement. Ce sera seulement au 99e jour que l'étang sera rempli à demi. Le lendemain, il sera trop tard : il y aura saturation de l'espace disponible.

Cette fable a été racontée par Albert Jacquard, entre autres, pour expliquer les dangers de la surpopulation qu'on ne constate pas avant qu'il ne soit presque trop tard.

On peut appliquer cette fable à d'autres domaines et dire que la Terre, par exemple, va être polluée presque à pleine capacité avant qu'on s'aperçoive qu'il est déjà trop tard, car au jour 99, on aura toujours l'impression que l'espace à polluer est encore plus que suffisant et que la Terre peut absorber encore son lot de pollution diverse.

On peut aussi appliquer cette fable à l'assimilation du français en Amérique. On est à moitié assimilé et on ne s'en rend même pas compte encore. On est sur le point de basculer peut-être au jour 100 où il sera trop tard.

Partout, l'anglais aura gagné du terrain. Dans l'éducation, au cinéma, en musique, à la télévision, en littérature, etc. C'est tellement plus intéressant de lire en anglais des auteurs anglophones. Et c'est moins cher. C'est tellement plus intelligent d'écouter des émissions américaines qui sont infiniment plus intéressantes et nombreuses que les émissions québécoises. C'est tellement plus normal d'aller au cinéma et d'écouter des films dans leur version originale. Et il faut préparer les enfants, les futurs travailleurs, à affronter le marché mondial en anglais, pour jouer sur le même terrain que les grands de ce monde.

Le français en Amérique dans tout cela? Folklorisation d'une langue et Louisianisation d'une culture. Ne se fait-on pas déjà appeler Frogs?




Les sanglots de l'homme québécois

31 03 2009

Bernard Landry a été accusé d'avoir fait une dérive ethnique en commentant la nomination de Michel Sabias à la tête de la Caisse de dépôt et placement. Certains tentent de justifier ce choix en affirmant que le nouveau directeur général ne vient pas de la tribu québécoise (Québec inc.) et que cela sera une bonne chose. Sortons de la vision étroite et sectaire québécoise, soutiennent d'autres spécialistes de la finance.

Dans d'autres domaines, culturel notamment, il ne faut pas soutenir la spécificité québécoise trop fortement sous peine de se faire passer pour un vieux nationaliste dépassé, replié sur lui-même, ethnocentrique, raciste presque, xénophobe certainement, isolé du monde, ou encore vivant dans un passé folklorique.

La fierté québécoise est devenue suspecte. Elle renferme nécessairement du ressentiment. On aura beau protester de son ouverture d'esprit à l'autre, au monde entier, reste qu'il y aura toujours un soupçon. Pourquoi être fier d'être Québécois à l'heure de la mondialisation de l'économie et de la culture? Pourquoi favoriser l'identité, la ressemblance, les points en commun, l'enracinement, alors que l'air du temps est au mélange des genres, à la multiethnicité, à la différence, à l'ouverture à l'autre, à la globalisation, etc.?

Devrions-nous avoir honte d'être Québécois? Il faudrait définir le terme, disent les uns, Québécois inclusif ou Québécois exclusif? Québécois : habitant du Québec parlant français ou habitant du Québec sans autres attributs?

Je laisse ce débat à d'autres pour l'instant, ce qui est important pour moi maintenant est plutôt de décrire le sentiment de culpabilité ou de malaise qu'on ressent chaque fois qu'on met de l'avant la fierté d'être Québécois et qu'on doive se justifier devant les attaques sur les supposés sous-entendus du terme.

Le discrédit sur la fierté québécoise est tel qu'il faut regarder les émissions américaines en anglais, sous peine d'être déclassé comme unilingue francophone, ce qui est devenu une insulte. Il faut écouter les films en anglais, dans la langue originale, si on veut être in. Sinon, si on attend les traductions, on est fermé d'esprit et on ne goûte pas la pleine saveur du fruit. Il faut également lire les livres en anglais des auteurs anglophones pour montrer son savoir-faire, et cela coûte décidément moins cher que d'attendre, encore une fois, la traduction française qui, de toute façon, trahit toujours l'auteur.

La fierté d'être Québécois est mise à rude épreuve depuis quelque temps. Naguère, les compagnies américaines et canadiennes publicisaient leurs produits en soutenant la fierté des Québécois. Combien de campagnes de publicité des années 70 entonnaient le chant du nationalisme québécois? Aujourd'hui, serait-ce possible?




Deux Anglos à la tête d'institutions québécoises pure laine?

13 03 2009

Cette semaine, on envisage sérieusement la possibilité que deux Anglophones prennent la tête de deux institutions québécoises profondément ancrées dans les mœurs québécoises. Il s'agit de Don Lever comme entraîneur des Canadiens de Montréal et de Michael Sabia qui pourrait tenir les rênes de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Est-ce que ces deux possibilités de nomination à la tête de deux fleurons québécois auraient été envisageables dans les années 1970? Évidemment, cela aurait été impossible. D'autant plus que le club de hockey le Canadien de Montréal a été fondé il y a 100 ans pour donner une chance à des joueurs francophones du Québec de jouer dans la ligue nationale de hockey. Et la Caisse de dépôt et placement a été mise sur pied par Jacques Parizeau en 1965 pour donner un levier économique puissant aux Québécois et leur assurer un avenir stable.

Deux Ontariens (Lever est unilingue anglophone et Sabia parle avec un fort accent anglais) seraient les dirigeants de deux entreprises québécoises qui ont été créées afin de donner des possibilités d'avenir à des Québécois.

Le seul fait d'envisager sérieusement ces deux possibilités sans que cela ne provoque des vagues de protestations illustre bien l'état d'esprit des Québécois d'aujourd'hui. Pire, il se trouve de nombreux Québécois qui soutiennent et applaudissent ces deux nominations.

La devise des Québécois est-elle vraiment : Je me souviens?




Femmes de tous les pays, unissez-vous!

08 03 2009

Bon, j'espère que les femmes célèbrent bien cette journée internationale, car il reste du chemin à faire, comme en témoignent les statistiques dévoilées hier au Québec qui montrent que les femmes reçoivent 23% de salaires de moins que les hommes pour les mêmes emplois requérant les mêmes diplômes. Celles qui n'ont pas complété leur diplôme secondaire font 40% de moins que les hommes dans les mêmes conditions. Imaginons ce que les femmes subissent dans le reste du monde.

En fait, c'est Finkelkraut ou Bruckner qui affirmait que les attentats du 11 septembre 2001 représentaient le début de la troisième guerre mondiale dont l'enjeu principal serait la place et le rôle des femmes sur la planète.

Ici, au Québec, les femmes sont émancipées, mais gagnent moins que les hommes pour les mêmes emplois. Ailleurs, c'est encore souvent l'horreur. Parodions Marx: femmes de tous les pays, unissez-vous! Continuez le combat! Comme pour les propriétaires face aux prolétaires, les hommes ne donneront rien aux femmes à moins qu'elles leur arrachent. L'union fait la force.

Bonne chance!




Solitaire ou solidaire?

06 03 2009

Et si le capitalisme ne s'en remettait pas, contrairement à ce que pensent tous les observateurs-économistes qui prédisent une relance à un moment donné après que l'économie mondiale aura touché le fond du baril?

Mais si l'élastique du capitalisme basé sur le profit et le progrès s'était cassé, comme le prédisait Marx jadis. Si la course effrénée de la surconsommation sans fin et de la surabondance venait à son terme? S'il n'y avait plus de lendemains qui chantent? Qu'arriverait-il?

Probablement rien. Des millions de pertes d'emplois, de pertes de maisons. L'économie roulerait au ralenti. Les banques ne prêteraient plus à risque. Les gouvernements seraient dans le rouge et accumuleraient déficit par-dessus déficit. Il y aurait une plus grande pauvreté sur la planète.

On apprendrait l'autre sens du mot économie. Ce ne serait pas la pauvreté volontaire, mais imposée, dans les deux sens du terme. Certains s'en sortiraient mieux que d'autres.

Alors, on aurait le choix. On se sert les coudes, on devient solidaire, ou on poursuit la dégringolade du chacun-pour-soi et on continue d'être solitaire. Camus avait bien formulé l'alternative : solidaire ou solitaire? Là est la question…




D'un Foglia l'autre

05 03 2009

J'aime beaucoup les textes de Pierre Foglia. Sans réserve, ou presque. Cela remonte aux Flashs du sport de La Presse. Quelle équipe de fous! La Presse avait réuni des plumes éloquentes et drôles à la fois. On se bidonnait à lire les comptes-rendus de matchs de hockey et les commentaires désopilants des journalistes sportifs qui s'en donnaient à cœur joie.

Depuis qu'il est chroniqueur, je continue de lire ce joyeux drille. Évidemment, je ne suis pas toujours d'accord avec ses propos. Heureusement. Cela fait réfléchir quand quelqu'un d'intelligent soutient des opinions contraires aux vôtres. D'autant plus lorsque cette personne soutient ses opinions par des arguments convaincants. Avec style en plus.

Les seuls sujets avec lesquels je me trouve souvent en désaccord sont les suivants : les femmes, les enfants et l'éducation. Je trouve que les paroles du chroniqueur frôlent quelquefois la misogynie. En fait, ce serait plutôt du machisme mal placé. Pas tout le temps, mais parfois il émane des propos du journaliste comme un mépris envers les femmes. Surtout envers certains comportements « dits » féminins.

Aussi, lorsque Foglia aborde le sujet des enfants et la façon de les élever, il me fait penser à Jean-Jacques Rousseau qui a abandonné ses rejetons à la crèche avant d'écrire l'Émile ou de l'éducation

Finalement, le sujet le plus controversé, c'est pour moi l'éducation. On se croit tous experts dans ce domaine sous prétexte qu'on a tous été élevés par quelqu'un, avec ou sans système. L'éducation, je le veux bien, est un sujet trop sérieux pour le laisser entre les mains des enseignants; comme la guerre est trop sérieuse pour la laisser entre les mains des militaires. Mais il y a des limites à tout vouloir ramener à l'ancien temps de la règle où tout était mieux. Frapper, punir, surveiller, crier, vilipender, etc. Était-ce mieux qu'aujourd'hui? Est-ce que cela va si mal maintenant dans les écoles qu'il faille revenir aux coups pour se faire respecter en tant qu'éducateur? Ce serait triste si c'était le cas. La nostalgie de Foglia quant au système d'éducation représente une tendance populaire qui ne lui fait pas justice. Habituellement, il fait bande à part sur les autres sujets de société et il ouvre les œillères à bien du monde.

Encore ce matin, à propos de la guerre en Afghanistan, il est limpide et pertinent. À lire ici, pour le propos et la forme. Jamais je n'aurai une plume aussi limpide, un style aussi vif, une écriture aussi soignée. Je sais que Foglia peaufine ses textes jusqu'à la perfection. Je n'ai pas cette patience, ni probablement le talent qu'il a. Ni les compétences langagières. C'est vrai qu'il est probablement allé à une meilleure école que la mienne…




Intimidation à l'école: tapez sur les fautifs!

27 02 2009

C'est drôle, la plupart des commentateurs qui s'indignent de l'intimidation qu'a subie David Fortin insistent sur le fait qu'il faudrait punir les coupables, c'est-à-dire sanctionner les tortionnaires de l'écolier. Dans la même envolée, comme une rengaine, les censeurs poursuivent la litanie : « aujourd'hui, il n'y a plus personne qui punit. Les parents, les professeurs, les gardiennes, etc., tout le monde a peur de sanctionner. On dialogue trop avec les enfants, on discute sans arrêt, on tergiverse. » Sous-entendu : une bonne claque derrière la tête ou sur les fesses n'a jamais fait de mal à personne! (Ce qui est faux, soit dit en passant.)

Il y a là comme une nostalgie de la taloche qui résout tout. Chaque fois qu'il y a des écarts de conduite étalés dans les journaux, on saute sur l'occasion pour vilipender le système de la douceur et de la compassion. On voudrait revenir au bon vieux système d'autorités qui impose le respect des hauts gradés, de ceux qui sont au sommet de la hiérarchie. Peuple à genoux. Ironie du sort, les plus revendicateurs de cet ancien système sont les mêmes qui défient toutes les autorités et qui s'en vantent constamment.

On a souffert étant jeune, faisons souffrir les jeunes d'aujourd'hui? Et si c'était cela, l'intimidation tant dénoncée?




Les conditions de travail des enseignants

23 02 2009

Quand j'ai commencé à enseigner, à 31 ans, j'ai subi une diminution de salaire de 10000$. Aujourd'hui, je gagnerais au bas mot 20000$ de plus, si j'étais resté au Devoir. Évidemment, j'ai un mois de vacances de plus durant l'été. Mais quel journaliste accepterait une diminution de salaire de 20000$ pour un mois de congé?

Cela étant dit, je me suis donné une seule règle de vie en commençant dans la profession d'enseignant : travailler le moins possible les soirs de semaine et les fins de semaine. Autrement, ce sont mes conditions de travail que je dégraderais en acceptant une surcharge de travail non rémunérée. La convention collective des enseignants stipule que la semaine de travail doit être de 32 heures et demie. L'excédant représente des heures supplémentaires non payées. L'argument voulant que les vacances d'été compensent les heures supplémentaires durant l'année est un leurre. Les vacances d'été sont déjà payées, d'une part par le salaire inférieur à celui d'autres professions comparables exigeant des diplômes semblables, et d'autre part par l'énergie et le temps dépensés en classe et hors de la salle de cours en encadrement et en réunions diverses.

Évidemment, cette règle de vie représente un idéal jamais atteint entièrement. La conscience professionnelle obligeant certaines entorses. Ainsi, il m'arrive quelquefois de travailler les soirs et les fins de semaine, pour corriger des travaux ou des examens. Mais le moins souvent possible. Pas par paresse ou par esprit syndicaliste mal placé, mais par souci de ne pas dégrader des conditions de travail tout juste acceptables. Il y a mieux dans l'entreprise privée. Il y a pire aussi. Mais comme disaient certains de mes vieux camarades enseignants aujourd'hui retraités, la fonction publique doit donner l'exemple. C'est en améliorant nos conditions de travail qu'on peut également donner un coup de pouce aux travailleurs d'entreprises privées. Pas en s'appauvrissant.

Aujourd'hui, on a de la difficulté à recruter de nouveaux enseignants. C'est que les conditions du travail se sont détériorées à tel point qu'elles ne sont plus compétitives. Ceux qui peuvent envisager une autre profession ne se dirigent plus vers l'enseignement. À moins d'avoir la vocation. Mais la foi se perd. Il serait grand temps de revaloriser l'enseignement autrement que par des discours creux, par exemple en améliorant réellement les conditions de travail des enseignants.




La culture du magasinage

20 02 2009

Lu ce matin dans La Presse Affaires, dans le reportage de Vincent Brousseau-Pouliot intitulé La Mecque du magasinage encaisse le coup : «[...] L'économie a une influence (sur nos activités), mais magasiner fait partie de notre culture. Les gens se sentent bien quand ils magasinent. » Ce sont les propos de John Chwyl, vice-président marketing du West Edmonton Mall.

On se sent bien quand on magasine, cela fait partie de notre culture... À quand une subvention pour le magasinage? Il faut dire que c'est notre seul moyen d'action contre le terrorisme, comme le disait Bush au lendemain des attentats du 11 septembre 2001. Serait-ce également notre seul moyen d'action contre la crise économique qui frappe la planète? Comme le soulignait ironiquement Jacques Godbout dans L'Écran du bonheur, il y a plusieurs années déjà : nous sommes des superconsommateurs, c'est notre fonction et notre devoir de consommer!

Plus loin, dans le même article de La Presse, le journalisme rapporte les propos d'une gérante d'une grande boutique de vêtements ayant requis l'anonymat. Pourquoi a-t-elle requis l'anonymat? Que va-t-elle révéler de compromettant? « Le dernier trimestre a été difficile. Notre clientèle régulière est fidèle, mais elle achète deux morceaux au lieu de huit. » Honte à eux! Quel sacrilège! Les clients réguliers achètent deux morceaux au lieu de huit! On comprend pourquoi la gérante a requis l'anonymat : elle voulait protéger ses clients qui ne consomment plus assez pour faire rouler l'économie. Quels sans-cœurs!




Des élèves et des profs (1)

17 02 2009

Les élèves

Je n'en reviens pas encore et encore de la qualité des élèves que j'ai devant moi en 2009. Ils sont vifs, intelligents, ouverts sur le monde et aux aguets. Il suffit de maintenir leur intérêt ou de le susciter un peu pour qu'ils en donnent plus que ce que l'on demande.

Par exemple, dans ma classe de philo du mercredi, il y a des élèves qui s'engagent pour des causes environnementales, d'autres qui travaillent pour le bureau de comté du député du coin, d'autres qui œuvrent au sein d'un parti de gauche, d'autres qui s'intéressent aux plus démunis et qui voyagent de par le monde, etc. Et il y a tous les autres qui posent des questions, qui me signalent des films à voir intéressants pour les cours de philo, ou qui lisent des livres hors de leur programme.

Il s'agit simplement d'aller les rejoindre là où ils sont pour que le niveau monte et qu'ils s'impliquent dans le cours. Après trois semaines seulement, ils veulent commencer leurs travaux de recherche de fin de session, ils veulent montrer aux autres et au prof leurs connaissances de certains sujets d'actualité qui les touchent particulièrement.

Bien sûr, le rôle de l'enseignant consiste à lier leurs champs d'intérêt au contenu du cours. Quelquefois, il y a incompatibilité et il faut user de subterfuge. Parler de la morale de Kant en l'illustrant de certaines tueries comme Polytechnique, par exemple. Quelquefois aussi, l'on doit caricaturer un auteur, pour le rendre plus attrayant.

Mais c'est lorsque l'on a touché les champs d'intérêt des élèves que l'on peut aller plus loin avec eux. La semaine dernière, par exemple, des élèves m'ont demandé de parler du divin marquis et de l'auteur de La Vénus à la fourrure, même si ces auteurs n'étaient pas au programme.

(Demain, les profs...)




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