Publié le mardi 9 juin 2009
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Contrairement à l'idée généralement acceptée dans le milieu de l'éducation, surtout chez les enseignants du collégial, on peut apprendre à écrire à tout âge, même à 20 ans. J'en suis la preuve vivante. Jusqu'à l'université, je ne savais pas écrire. Presque tous les travaux que j'ai remis au cégep étaient retranscrits par des secrétaires qui corrigeaient les fautes de français et les erreurs syntaxiques. Heureusement, car je n'aurais jamais été accepté à l'université en physique. Et je n'aurais pas réussi mes cours au cégep.
C'est une fois à l'Université de Montréal en physique que je me suis rendu compte qu'il me manquait quelque chose d'essentiel : savoir communiquer par écrit dans ma langue maternelle. Pour apprendre à écrire, j'ai dû suivre les cours Café de M. Bernard Dupriez, lire trois grammaires (le précis de M. Grevisse, la nouvelle grammaire du français chez Larousse et une vieille grammaire de ma grand-tante).
Finalement, à la sueur de mon front, j'ai fini par apprendre par moi-même à écrire. Cinq ans plus tard, je me retrouvais dans la salle de rédaction du Devoir à corriger les textes d'autres journalistes et de certains écrivains chevronnés qui collaboraient au cahier littéraire.
Morale de l'histoire? On peut apprendre à écrire à n'importe quel âge, aussitôt qu'on le veut réellement et aussitôt qu'on a atteint une maturité adéquate. On n'apprend pas tous à écrire sa langue maternelle au même rythme. Pour les gars, en général, c'est plus lent. Pour certains (et certaines, j'en suis sûr), c'est encore plus lent. Vient un déclic qui se produit pour mille et une raisons, et la motivation apparaît tout à coup.
J'ai vu depuis d'innombrables étudiants qui n'avaient pas encore atteint la maturité nécessaire à l'apprentissage de la langue, tout comme je ne l'avais pas atteinte à leur âge. L'intelligence est là, les capacités langagières aussi, mais il manque l'élément déclencheur et un brin de maturité pour que ces étudiants traversent la frontière du désir d'apprendre à écrire.
L'élément déclencheur a été chez moi la découverte tardive de la littérature et de la philosophie. Quand j'ai compris qu'on pouvait s'amuser avec les mots et avec les règles, si on les maîtrisait, j'ai voulu apprendre. C'est par le plaisir de la littérature et de la réflexion philosophique qu'a commencé le dur labeur de l'apprentissage du français.
Aujourd'hui, j'enseigne la philosophie. J'ai aussi enseigné en français. Et je viens de recevoir mon plus beau cadeau d'anniversaire. Une maison d'édition allemande m'a demandé la permission d'utiliser un de mes textes pour un livre d'apprentissage de la langue française. C'est la deuxième fois que cela se produit. On utilise aussi un de mes textes dans les universités canadiennes pour le même usage.
Tout ce que j'espère maintenant, c'est que les Canadiens anglais et les Allemands aient du plaisir à apprendre à écrire en français. Il faudrait aussi que les Québécois les imitent, jeunes ou vieux.
Publié par : Plotin
à 16:30:22
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Comments :
Catégories : Jeunes, Éducation, Personnel
5 Commentaires :Commentaire écrit le dimanche 9 août 2009 à 23:37:55 (
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YvonBonjours, je ne sais si vous serez en mesure de voir ou encore mieux de repondre a ce message. Apres avoir constaté que aviez étudier en physique et ne pouvant trouver réponse a ma question, je me suis dis (pourquoi pas)!! J\'ai lu quelquepars que toute l\'énergie consommer par quelque chose était égale a l\'énergie dégagée.. ou encore le famieux rien ne se perd, rien ne se crée, il ny a que transformation de l\'énergie! Je me demandais si, dans le cas d\'une automobile, ou lénergie consomée (essence), est égale à l\'énergie dégagée (propulsion, chaleur, électricité, bruit, etc.)... si l\'on pouvais éliminer par exemple le bruit que fais l\'automobile suite a son utilisation de lessence, si l\'on pouvais rediriger cette énergie par expmple, vers la propulsion du meme véhicule? Je vais probablement vous paraitre un peu étrage, voir meme inadéquat mais je vous serais très reconnaissant si vous aviez la réponse de bien vouloir me la partager! Je vous remercie de votre temps et mexcuse pour la longueur de ma question et mes inévitables fautes d\'ortographe ;)
Commentaire écrit le jeudi 23 juillet 2009 à 23:26:46 (
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Jacques AudetGuy, merci pour ce texte, je me servirai de ton témoignage (entre autres) pour encourager mes élèves à se perfectionner en français.
Jacques Audet (ancien collègue de Julie C. au cégep Saint-Jean-sur-Richelieu)
Commentaire écrit le mercredi 10 juin 2009 à 22:53:35 (
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Maxime Bélanger -
http://www.maximebelanger.comC'est drôle puisque vous êtes mon opposé pour les mathématiques... C'est la seule matière où je n'ai pas au moins 65%. Mais, on ne peut pas être le meilleur dans tout! Oh évidemment, il me fera un grand plaisir de suivre votre blogue par méthode d'abonnement RSS ;-).
J'ai bien hâte de vous montrer mon site!
Commentaire écrit le mercredi 10 juin 2009 à 18:02:18 (
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Plotin -
http://mapage.clg.qc.ca/guyferland/Bonjour Maxime,
Héloïse te dit bonjour, en passant. Wow! Quelle écriture pour un garçon de 16 ans! Cette expérience reflète l'exact opposé de ma propre expérience. Au secondaire, j'avais souvent -250% dans mes dictées, car je commettais au moins une faute aux deux mots... Pourtant, j'avais pratiquement toujours des 100 % en mathématiques.
Merci de me lire et de suivre mes élucubrations. ;-)
Commentaire écrit le mercredi 10 juin 2009 à 14:55:16 (
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Maxime Bélanger -
http://www.maximebelanger.comBonjour! Je suis un ami (de Boucherville) de votre fille, et je vous lis régulièrement. Votre fille pourra certainement vous parler de moi comme étant «celui qui a 100% dans ses dictées»! En effet, je rédige un blogue personnel qui avait été arrêté, mais qui reprendra dans quelques jours. J'ai une passion pour le français écrit et j'écrit mes articles sans termes de clavardage, ce que la plupart des autres jeunes de mon âge ne font pas! Je suis totalement mature pour apprendre à écrire, et cela s'est vraiment amorcé il y a environ deux ans. Donc, j'avais treize ans. Avant cette époque, bien évidemment, je savais très bien écrire, mais depuis que je rédige mon blogue, j'ai la passion de l'écriture! Bonne continuation et dites bonjour à votre fille de ma part!