Publié le mercredi 8 avril 2009

I'm a frog, your a frog, kiss me

08 04 2009

Il était une fois un étang à grenouilles. Tous les jours, la population de grenouille augmentait du double de sa population totale. La première journée, il y avait une grenouille. La deuxième, deux grenouilles. La troisième, quatre amphibiens. La quatrième, huit. Etc.

Supposons que l'étang sera rempli de grenouilles le centième jour. À quel moment l'étang sera-t-il rempli à moitié?

Si vous avez répondu au cinquantième jour, vous avez répondu trop rapidement. Ce sera seulement au 99e jour que l'étang sera rempli à demi. Le lendemain, il sera trop tard : il y aura saturation de l'espace disponible.

Cette fable a été racontée par Albert Jacquard, entre autres, pour expliquer les dangers de la surpopulation qu'on ne constate pas avant qu'il ne soit presque trop tard.

On peut appliquer cette fable à d'autres domaines et dire que la Terre, par exemple, va être polluée presque à pleine capacité avant qu'on s'aperçoive qu'il est déjà trop tard, car au jour 99, on aura toujours l'impression que l'espace à polluer est encore plus que suffisant et que la Terre peut absorber encore son lot de pollution diverse.

On peut aussi appliquer cette fable à l'assimilation du français en Amérique. On est à moitié assimilé et on ne s'en rend même pas compte encore. On est sur le point de basculer peut-être au jour 100 où il sera trop tard.

Partout, l'anglais aura gagné du terrain. Dans l'éducation, au cinéma, en musique, à la télévision, en littérature, etc. C'est tellement plus intéressant de lire en anglais des auteurs anglophones. Et c'est moins cher. C'est tellement plus intelligent d'écouter des émissions américaines qui sont infiniment plus intéressantes et nombreuses que les émissions québécoises. C'est tellement plus normal d'aller au cinéma et d'écouter des films dans leur version originale. Et il faut préparer les enfants, les futurs travailleurs, à affronter le marché mondial en anglais, pour jouer sur le même terrain que les grands de ce monde.

Le français en Amérique dans tout cela? Folklorisation d'une langue et Louisianisation d'une culture. Ne se fait-on pas déjà appeler Frogs?





7 Commentaires :

Commentaire écrit le mardi 14 avril 2009 à 23:49:57 (lien)
jmg
«l'autocritique» que j'avais en tête n'avait rien de marxiste ; elle ne pointe qu'une distraction 'énorme' ;-) Mais je concède que le terme autocritique a un côté marxiste non négligeable. En ce sens là, il est beaucoup plus lourd de portée, pour moi. J'ai tendance à contourner de tels écueils, au moins dans un commentaire. :-)

Je pense par exemple, que passer pour un amphibien devrait être vu plutôt comme une qualité qu'un défaut. Et même s'il est fragile au plan écologique, il sert d'indice révélateur important et intéressant. Révélateur de quoi ? D'une politique du pire ! Apocalyptique. :-)

La chanson de Charlebois avait le mérite de joindre l'audace des mots au divertissement du rythme. Une musique, même rock & roll, allège les maux.



Commentaire écrit le samedi 11 avril 2009 à 12:51:12 (lien)
Plotin - http://plotin.monblogue.branchez-vous.com/
Bonjour JMG,

La référence marxiste n'est pas à dédaigner non plus. C'est seulement que cela me rappelle de vieux souvenirs. ;-) On est six millions, faut se parler était un slogan publicitaire dans les années 70. Pourrait-on utiliser le même aujourd'hui? On est sept millions, faut se parler! ;-)


Commentaire écrit le jeudi 9 avril 2009 à 22:42:40 (lien)
jmg
à 2 puissance 32, on est déjà
des milliards de grenouilles.
à 2 puissance 99,
l'étang est astronomique.
Sans référence marxiste. :-)



Commentaire écrit le mercredi 8 avril 2009 à 23:41:26 (lien)
Plotin - http://plotin.monblogue.branchez-vous.com/
Heu.... L'autocritique? Ça rappelle un peu le mouvement marxiste des années 70, non? Quoi qu'il en soit, je soumets seulement un sentiment d'urgence de protéger la langue française en Amérique qui est peut-être plus menacée qu'on le croit.
Les auteurs anglophones plus agréables à lire que les auteurs francophones? Certains, sûrement. Je vais les lire en traduction, pourtant. Par paresse, peut-être...
Le Saguenay est peut-être un royaume encore rebelle, une sorte de village gaulois?


Commentaire écrit le mercredi 8 avril 2009 à 22:45:47 (lien)
jmg
euh, ce schéma manque d'autocritique.
Puis le point de vue parait provocateur.
Le complexe de l'imposteur resurgit-il ?
Les anglos-américains méprisent l'autre,
par exemple les Louisianais. Intimidé ?
Pourquoi se faire aplat-ventriste ?
On se motive à changer de camp ?
Enfin, l'idéal unilinguiste anglais me semble scalper la diversité culturelle.
Plus courageux de relever le défi en vivant sa différence positivement.



Commentaire écrit le mercredi 8 avril 2009 à 15:08:55 (lien)
filou - ma terre a deux lunes
en même temps -et j'adore ma culture et ma langue- les auteurs anglophones (moins nombrilistes que des Houllebecq,
Nothomb et consorts chiants ultra-médiatisés) sont vachement plus agréables à lire...


Commentaire écrit le mercredi 8 avril 2009 à 08:42:27 (lien)
Petite Fadette
Eh bien dis donc!

Je suis une vieille maman crocodille dépassée, alors! Parce qu'ici, c'est un peu l'anglais, mais beaucoup beaucoup beaucoup la culture québécoise. Yes sir!


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