Publié le mardi 7 avril 2009

Un système privé public?

07 04 2009

Un jour, un peuple a décidé de financer un système public de services pour tous, quelles que soient les conditions financières des bénéficiaires. Après quelque temps, les plus riches de la société décidèrent de mettre sur pied leur propre système parallèle de services pour les mieux nantis. Un système plus efficace, mais réservé à une élite de la population seulement. Seuls ceux qui ont de l'argent peuvent utiliser ce système performant. Mais, pour être « équitable », tous les contribuables devront payer une partie du système privé pour les mieux nantis. Disons, 60% des coûts seront supportés par l'ensemble de la population. Ainsi, ce système sera un peu plus accessible à la population qui n'a pas les moyens des plus riches, mais qui est capable de se sacrifier par ailleurs en se serrant la ceinture pour bénéficier des services accrus.

Évidemment, tous paient pour qu'une petite partie de la population bénéficie d'un surcroît de services. C'est là une injustice criante. On la camoufle en disant que c'est pour le bien de tous. Évidemment, comme les plus riches paient une partie de leurs privilèges en plus de payer comme tous les autres pour le service public, on soutient que le système public ne pourrait pas répondre à la demande si on abolissait les privilèges du système privé. Si tout le monde revenait au secteur public, celui-ci croulerait sous la demande. Il faut que les plus riches puissent bénéficier de privilèges qu'ils se paient en partie pour que les moins fortunés puissent continuer de bénéficier de services de moindre qualité.

Même la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, a soutenu cette position dernièrement en affirmant qu'on ne pouvait tout simplement pas abolir les subventions de l'État aux écoles privées, car, ce faisant, on abandonnerait la population de la classe moyenne qui serait obligée d'envoyer leurs enfants dans les écoles publiques...

Alors, qui « reste » au secteur public du système de l'éducation, Madame la ministre?

Les sous-entendus de cette déclaration sont trop nombreux pour qu'on n'y accorde pas un autre billet prochainement.





1 Commentaire :

Commentaire écrit le mardi 7 avril 2009 à 23:27:04 (lien)
Tyalex - http://lantisociable.wordpress.com/
Je crois que le privé a pris de l'expansion aussi à cause d'une société de plus en plus pressée et stressée. Par contre, moi-même devant aller passer un ECG, mon médecin m'a suggéré soit l'hôpital St-Eustache(3 mois minimum pour un rendez-vous), gratuit, ou bien une clinique privée( rendez-vous 4 jours plus tard), 60$. D'un côté, si j'ai les moyens de me payer cela, je libère une place pour une personne qui doit aller au public. D'un autre côté, j'encourage l'expansion du privé.


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