Publié le mardi 28 avril 2009

Le décrochage scolaire et les syndicats

28 04 2009

C'est la faute des syndicats et des conventions collectives!

Je suis tanné d'entendre dire par à peu près tout le monde que, lorsque quelque chose va mal, c'est la faute des syndicats. Lorsque l'économie va mal, c'est la faute des syndicats. Lorsque les élèves décrochent, c'est la faute des syndicats et à leurs trop rigides conventions collectives qui empêchent les enseignants et les écoles de mettre de l'avant des projets innovateurs. Lorsqu'il pleut trop souvent, c'est également la faute des syndicats qui font des « lignes de piquetage » à tout bout de champ... qui se transforment en danses de la pluie!

Sans compter que, si l'économie va mal, ce n'est pas la faute des hommes d'affaires véreux et des spéculateurs, mais des syndicats qui déclenchent des grèves qui, comme on le sait, ne donnent jamais rien.

Pourtant, s'il n'y avait pas eu de grèves dans le passé, on n'aurait pas des conditions de travail acceptables ni de salaires décents aujourd'hui. Si les étudiants avaient déclenché des grèves lorsque les gouvernements menaçaient de dégeler les frais de scolarité dans les années 80, ils paieraient peut-être beaucoup moins cher pour leur session à l'université aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit de l'efficacité ou non du syndicalisme en général, cela n'a jamais empêché aucun enseignant de proposer ou de réaliser des projets innovateurs, en tout cas au Collège où j'enseigne. C'est plutôt l'administration qui met des bâtons dans les roues quelquefois et qui empêche certains projets de voir le jour. Jamais le syndicat.

Le plus drôle, ou le plus pathétique, c'est que ce sont souvent ceux qui gueulent le plus contre les syndicats qui sont les premiers à recourir à leurs services lorsque quelque chose ne fonctionne pas à leur goût. Ce sont souvent les premiers à exiger que les syndicats les protègent contre tel ou tel abus de la part des patrons ou du gouvernement.

Finalement, à qui cela profiterait-il le plus que les conventions collectives soient plus souples, moins contraignantes, moins protectrices? Qui détient le pouvoir dans les écoles ou qui voudrait en avoir davantage?

En fait, le seul contrepoids que détiennent les enseignants face au pouvoir énorme du gouvernement et des directions d'établissement scolaire consiste à militer dans un mouvement syndical fort qui peut lutter à armes presque égales avec les patrons. Sinon, aussi bien revenir aux conditions de travail des enseignantes de rang qui non seulement étaient méprisées par la population en général, mais à peine respecter par les élèves. Sans compter que leur salaire les réduisait souvent à la quasi-pauvreté...