Publié le jeudi 5 mars 2009

D'un Foglia l'autre

05 03 2009

J'aime beaucoup les textes de Pierre Foglia. Sans réserve, ou presque. Cela remonte aux Flashs du sport de La Presse. Quelle équipe de fous! La Presse avait réuni des plumes éloquentes et drôles à la fois. On se bidonnait à lire les comptes-rendus de matchs de hockey et les commentaires désopilants des journalistes sportifs qui s'en donnaient à cœur joie.

Depuis qu'il est chroniqueur, je continue de lire ce joyeux drille. Évidemment, je ne suis pas toujours d'accord avec ses propos. Heureusement. Cela fait réfléchir quand quelqu'un d'intelligent soutient des opinions contraires aux vôtres. D'autant plus lorsque cette personne soutient ses opinions par des arguments convaincants. Avec style en plus.

Les seuls sujets avec lesquels je me trouve souvent en désaccord sont les suivants : les femmes, les enfants et l'éducation. Je trouve que les paroles du chroniqueur frôlent quelquefois la misogynie. En fait, ce serait plutôt du machisme mal placé. Pas tout le temps, mais parfois il émane des propos du journaliste comme un mépris envers les femmes. Surtout envers certains comportements « dits » féminins.

Aussi, lorsque Foglia aborde le sujet des enfants et la façon de les élever, il me fait penser à Jean-Jacques Rousseau qui a abandonné ses rejetons à la crèche avant d'écrire l'Émile ou de l'éducation

Finalement, le sujet le plus controversé, c'est pour moi l'éducation. On se croit tous experts dans ce domaine sous prétexte qu'on a tous été élevés par quelqu'un, avec ou sans système. L'éducation, je le veux bien, est un sujet trop sérieux pour le laisser entre les mains des enseignants; comme la guerre est trop sérieuse pour la laisser entre les mains des militaires. Mais il y a des limites à tout vouloir ramener à l'ancien temps de la règle où tout était mieux. Frapper, punir, surveiller, crier, vilipender, etc. Était-ce mieux qu'aujourd'hui? Est-ce que cela va si mal maintenant dans les écoles qu'il faille revenir aux coups pour se faire respecter en tant qu'éducateur? Ce serait triste si c'était le cas. La nostalgie de Foglia quant au système d'éducation représente une tendance populaire qui ne lui fait pas justice. Habituellement, il fait bande à part sur les autres sujets de société et il ouvre les œillères à bien du monde.

Encore ce matin, à propos de la guerre en Afghanistan, il est limpide et pertinent. À lire ici, pour le propos et la forme. Jamais je n'aurai une plume aussi limpide, un style aussi vif, une écriture aussi soignée. Je sais que Foglia peaufine ses textes jusqu'à la perfection. Je n'ai pas cette patience, ni probablement le talent qu'il a. Ni les compétences langagières. C'est vrai qu'il est probablement allé à une meilleure école que la mienne…