Publié le mardi 24 février 2009

Les élèves, des ennemis?

24 02 2009

Entendu réellement dans un corridor du Collège hier, par un enseignant qui se dirigeait en classe : « Allons affronter la meute et faire reculer la frontière de l'ignorance! » Il y avait sûrement une pincée d'ironie dans cette phrase, mais elle révélait également un fond de vérité sur les sentiments de l'enseignant à l'égard de ses élèves. Le pire, c'est qu'il y avait des élèves à proximité, dans le passage, qui ont levé les yeux en signe de dépit. (Précisons, toutefois, qu'il ne s'agit pas du couloir du 2e étage, ni d'un enseignant en philosophie ou en sciences sociales).

Qu'il me soit permis de souligner, ici, qu'un de mes collègues retraités depuis peu n'a jamais prononcé un mot contre un de ses élèves en plus de 35 ans d'enseignement! Bien sûr, il lui est arrivé de maugréer quelquefois contre un groupe difficile dans lequel ses messages passaient moins facilement qu'à l'ordinaire, mais jamais il n'a pris à partie les élèves et jamais, au grand jamais, il ne les a insultés.

J'entends plusieurs jeunes enseignants regimber contre leurs élèves. Ils les trouvent ignorants, sans culture, sans ouverture d'esprit. Ils se donnent comme mission de les forcer à réfléchir, à bien écrire, à se discipliner, etc. Ils ont des difficultés en classe, car ils sentent qu'ils ne rejoignent pas les élèves qui se plaignent de ne rien comprendre à ce qu'ils disent. Ils constatent le fossé entre leur langage et celui des élèves. Pour ne pas abaisser le niveau, ils ne feront pas un pas en direction des élèves. C'est à eux seuls à travailler et à comprendre. Belle pédagogie élitiste!

Pourquoi ne pas combler l'écart, le fossé entre eux et les élèves, des deux côtés? Pourquoi ne pas tenter de stimuler les élèves à comprendre en faisant les premiers pas vers eux et leur univers? Pourquoi ne pas jeter des ponts au lieu de se cantonner dans une tour d'ivoire et de commencer dans la profession d'enseignant dans une posture antagoniste?

L'ironie du sort fait en sorte que ce sont souvent ces mêmes enseignants en constant conflit avec les élèves qui fustigent les administrateurs de cégeps en affirmant que ces derniers les méprisent…





2 Commentaires :

Commentaire écrit le vendredi 27 février 2009 à 16:51:17 (lien)
Plotin - http://plotin.monblogue.branchez-vous.com/
Bonjour Chat,

Oui, l'école devrait bénéficier de publicité positive. Surtout en ce moment, alors que le Journal de Montréal, en mal de public, se lance dans la dénonciation sans fondement de la supposée incompétence des enseignants.

Bonne journée!


Commentaire écrit le mardi 24 février 2009 à 16:36:43 (lien)
Le chat
voilà qui aiderait, c'est certain.

Il faut aussi que les étudiants et leurs parents cessent, eux aussi de voir l'école comme un ennemi....

Le ministère de l'Éducation devrait y aller de publicité positive, comme à l'époque de l'égalité des chances pour les jeunes filles.
Force est d'admettre que cette publicité positive poussée vers le haut par les mouvement sféministes a rempli son rôle..

L'école et les profs doivent retrouver l'estime qu'ils méritent... ainsi chacun y gagnera.


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