Les conditions de travail des enseignants
23 02 2009Quand j'ai commencé à enseigner, à 31 ans, j'ai subi une diminution de salaire de 10000$. Aujourd'hui, je gagnerais au bas mot 20000$ de plus, si j'étais resté au Devoir. Évidemment, j'ai un mois de vacances de plus durant l'été. Mais quel journaliste accepterait une diminution de salaire de 20000$ pour un mois de congé?
Cela étant dit, je me suis donné une seule règle de vie en commençant dans la profession d'enseignant : travailler le moins possible les soirs de semaine et les fins de semaine. Autrement, ce sont mes conditions de travail que je dégraderais en acceptant une surcharge de travail non rémunérée. La convention collective des enseignants stipule que la semaine de travail doit être de 32 heures et demie. L'excédant représente des heures supplémentaires non payées. L'argument voulant que les vacances d'été compensent les heures supplémentaires durant l'année est un leurre. Les vacances d'été sont déjà payées, d'une part par le salaire inférieur à celui d'autres professions comparables exigeant des diplômes semblables, et d'autre part par l'énergie et le temps dépensés en classe et hors de la salle de cours en encadrement et en réunions diverses.
Évidemment, cette règle de vie représente un idéal jamais atteint entièrement. La conscience professionnelle obligeant certaines entorses. Ainsi, il m'arrive quelquefois de travailler les soirs et les fins de semaine, pour corriger des travaux ou des examens. Mais le moins souvent possible. Pas par paresse ou par esprit syndicaliste mal placé, mais par souci de ne pas dégrader des conditions de travail tout juste acceptables. Il y a mieux dans l'entreprise privée. Il y a pire aussi. Mais comme disaient certains de mes vieux camarades enseignants aujourd'hui retraités, la fonction publique doit donner l'exemple. C'est en améliorant nos conditions de travail qu'on peut également donner un coup de pouce aux travailleurs d'entreprises privées. Pas en s'appauvrissant.
Aujourd'hui, on a de la difficulté à recruter de nouveaux enseignants. C'est que les conditions du travail se sont détériorées à tel point qu'elles ne sont plus compétitives. Ceux qui peuvent envisager une autre profession ne se dirigent plus vers l'enseignement. À moins d'avoir la vocation. Mais la foi se perd. Il serait grand temps de revaloriser l'enseignement autrement que par des discours creux, par exemple en améliorant réellement les conditions de travail des enseignants.
Publié par : Plotin à 09:40:37Permalien
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