Publié le mardi 11 mars 2008

Des souris et des hommes ou la mort en direct

11 03 2008

Dernière partie d'une série de cinq. Première partie, deuxième, troisième et quatrième.

Un Chinois de 30 ans a été retrouvé mort le 17 septembre 2007 dans une cabine isolée d’un cybercafé : il aurait joué à un jeu en ligne jusqu’à épuisement total pendant trois jours sans s’arrêter pour boire, pour manger ou même pour dormir. En décembre 2005, en Corée cette fois, un homme de 38 mourrait d’épuisement après avoir passé dix jours à jouer en ligne de façon continue. En 2002, un joueur coréen est également mort à la suite d’une crise cardiaque après avoir joué pendant 86 heures sans arrêt. En 2005, en Chine, des parents ont laissé mourir de faim leur nourrisson, car ils étaient trop absorbés par le jeu en ligne World Of Warcraft (WOW).

 

Toujours en 2005, deux Français dans la vingtaine sont hospitalisés parce qu’ils ne pouvaient plus s’arrêter de jouer à World Of Warcraft. L’un se promenait nu dans la rue sans savoir où il était : il s’imaginait être devenu son personnage. L’autre a été interné à la demande de sa famille, car il avait perdu 17 kilos en quelques semaines.

 

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15 millions de personnes jouent à des Massively Multiplayer Online Role-Playing Games (MMORPG) dans le monde. Les jeux les plus populaires sont World Of Warcraft (WOW) avec 9 millions d’adeptes, suivent Everquest II et Star Wars Galaxies, entre autres. Quelques dizaines de milliers de joueurs seraient suivis médicalement à travers le monde pour guérir une dépendance au MMORPG, dont au moins 10 000 en Corée. La Chine vient d’ailleurs de se doter d’un programme militaire de réhabilitation pour les cyberdépendants.

 

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Dans une étude récente (2006), Nick Yee a montré que les joueurs de MMORPG passent en moyenne 21 heures devant leur écran d’ordinateur par semaine contre seulement sept heures devant leur téléviseur. Étonnamment, les femmes jouent plus d’heures que les hommes à ce type de jeu. Par contre, dans un univers permanent comme Second life, Yee a montré que les personnages contrôlés par des hommes se tiennent plus éloignés des autres personnages masculins et les regardent moins directement dans les yeux que ceux joués par des femmes.

 

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L’éditeur du jeu de rôle en ligne le plus populaire (World Of Warcraft), Blizzard, a accepté une part de sa responsabilité dans la dépendance crée par son jeu en installant un contrôleur parental qui déconnecte automatiquement le jeu après un certain nombre d’heures déterminé par les parents. En plus, l’éditeur offre un boni de progression pour le joueur qui se déconnecte du serveur un certain nombre d’heures d'affilée.

 

Déjà en 1998, une étude de l’Université Simon Fraser démontrait qu’un adolescent sur quatre ressent une certaine dépendance aux jeux vidéo. On a montré par ailleurs que jouer à des jeux vidéo libère de la dopamine (neurotransmetteur associé à la sensation de plaisir) dans le cerveau.

 

D’après une étude récente et importante de Harris-interactive (fin 2006), près de 10 % des joueurs âgés de 8 à 18 ans aux États-Unis sont considérés comme pathologiquement ou cliniquement dépendants des MMORPG.

 

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Une autre étude publiée l’an dernier par Entertainment Software Association indiquait qu’au total 44 % des joueurs de jeux vidéo étaient âgés de 18 à 49 ans et que 31 % avaient moins de 18 ans. L’âge moyen des joueurs est de 33 ans et un quart des joueurs ont plus de 50 ans. Les hommes représentent plus de trois joueurs sur cinq. Étonnamment, les femmes de 30 ans et plus jouent davantage à des jeux vidéo (30 %) que les garçons de moins de 17 ans (23 %). L’âge moyen des acheteurs de jeux vidéo est de 40 ans. Toujours selon la même étude : 69 % des chefs de famille américaine joue à des jeux vidéo.

 

« On estime que 3 à 4 % de ceux qui jouent pour de l’argent sont dépendants, la proportion pourrait être la même pour les jeux vidéo, bien qu’il n’existe aujourd’hui aucune étude sérieuse chiffrée à ce sujet… »





4 Commentaires :

Commentaire écrit le mercredi 12 mars 2008 à 20:43:22 (lien)
Petite Fadette
Comment ces gens font-ils pour trouver du temps pour jouer? Ils ne sont probablement pas des blogeurs compulsifs comme vous et moi. Ah ah!


Commentaire écrit le mercredi 12 mars 2008 à 11:40:45 (lien)
Plotin - http://plotin.monblogue.branchez-vous.com/
Bonjour Sylvain,

Ce sont des statistiques tirées de différentes études citées dans le texte et que j'avais compilées afin de les publier dans un grand quotidien. J'ai renoncé au projet par manque de temps. Je vais donner les références précises en liens hypertextes dans un projet billet à ce sujet.

Bonne fin de journée.


Commentaire écrit le mercredi 12 mars 2008 à 09:54:03 (lien)
Sylvain - http://slyberu.blgospot.com
D'où viennent toutes ces stats ?


Commentaire écrit le mercredi 12 mars 2008 à 09:18:22 (lien)
pacco - mae-bd.fr
ça calme…


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Un enfant n'est pas un ami

11 03 2008

Suite de la réponse à Petite Fadette

« Un bébé ou un enfant ne constitue pas un problème en lui-même, sauf exception. Ce sont les parents qui ont des problèmes qu'ils transmettent à leurs enfants. Soit, ils se laissent mener par leur progéniture, soit, pire, ils ne veulent pas jouer le rôle de parents, mais ils préfèrent interpréter le rôle d'amis qui ne disent jamais non à leurs rejetons. D'autres fois encore, ils sont trop prévenants et entourent de tellement de soins leurs descendants qu'ils finissent par l'étouffer. »

Quoi qu'il en soit, le bon docteur Nollin, qui aimait les enfants d'un amour infini, insistait sur la ligne d'autorité ferme à maintenir dans l'éducation des enfants : les parents doivent donner des directives claires, cohérentes et justes à leurs enfants, sans discuter ad vitam aeternam. Les enfants vont comprendre les règles et les respecter si les parents sont fermes et cohérents. Et, surtout, les parents n'ont pas à se sentir coupables de quoi que ce soit quand ils punissent leurs enfants ou lorsqu'ils imposent des règles de vie.

Aujourd'hui, donc, notre fils a 17 ans. C'est son anniversaire. C'est un ange. Comme sa sœur. Jamais nous ne les avons traités de chenapans ou de monstres, même en blague. Ils ont toujours été obéissants et respectueux. Ils mangent de tout, même quand ils n'adorent pas ce qu'on leur cuisine. Notre fils a surmonté son handicap (paralysie cérébrale) qui ne paraît presque plus. Il s'entend à merveille avec sa sœur. Ils ont développé une grande complicité. Il arrive rarement qu'on ait à discuter avec les enfants des règles qu'on leur a imposées. La plus jeune a suivi les traces de son frère, même si elle est un peu plus rebelle face à l'autorité. Bien sûr, on dispute les enfants à l'occasion. Il faut leur montrer les interdits et les limites à ne pas franchir. La première borne étant que les parents ont droit à leur vie et à du respect.

Maintenant, nos enfants sont nos plus sûrs alliés. Dans l'achat de la maison, ils ont leurs mots à dire. Dans toutes les décisions qui affectent la famille, nous les consultons et tenons compte de leurs opinions. Mais c'est nous qui décidons. Souvent, nous leur demandons leurs avis. Plus souvent encore, ils nous demandent ce que nous pensons de certaines choses ou de certaines personnes. Nous leur avons montré la discipline, le respect, l'obéissance et maintenant, ils font preuve d'autonomie. Ils n'auront jamais été des enfants-rois. Ils sont actuellement des adolescents délicieux avec lesquels on aime échanger. Espérons qu'ils deviennent des adultes épanouis affranchis des règles, des limites et des interdits que nous leur avons imposés quand ils étaient enfants et adolescents. Évidemment, ils n'ont jamais eu de problèmes avec les autorités, à l'école ou à l'extérieur de la maison.

Voilà. Nous ne sommes pas des exemples à suivre. Nous sommes manifestement plus sévères que les parents des amis de nos enfants qui, pour la plupart, n'interviennent jamais et laissent faire tout ce que leurs progénitures entreprennent. Mais le vieux sage pédiatre Nollin avait raison sur un point : lorsque les parents se font mener par le bout du nez par leurs enfants, ceux-ci deviennent immanquablement des tyrans, c'est-à-dire des enfants-rois. Que vont-ils devenir une fois adulte? Des parents-gâteaux? Je n'en sais rien. Peut-être que les enfants-rois d'aujourd'hui vont devenir des adultes de demain tout à fait adorables et que nos enfants sages et obéissants vont se transformer en adultes révoltés et névrosés? Mais permettez-moi d'en douter.

Pour l'instant, notre vie familiale est vraiment harmonieuse. Et tout le monde connaît bien et comprend bien son rôle. Les parents éduquent et élèvent leurs enfants qui grandissent en autonomie en s'opposant avec de plus en plus de doigté et de respect aux règles qu'ils jugent désuètes avec le temps. Nous ne sommes pas une famille modèle, mais nous avons retenu la leçon du bon pédiatre Nollin : un enfant n'est jamais un problème, ce sont plutôt les parents qui lui en causent...





2 Commentaires :

Commentaire écrit le mardi 11 mars 2008 à 19:14:19 (lien)
Petite
Tant que ce bâton sert à diriger et non à frapper. Ou a écraser. Être parent est une chose bien difficile. Parfois, il faut bien des années et des années de souffrances pour se rendre compte de l'erreur commise. Évidemment, je ne parle pas en mon nom. Il faut trouver le juste milieu: diriger, certes, mais pas décider. Ah la la!


Commentaire écrit le mardi 11 mars 2008 à 12:41:00 (lien)
L\'Indécise - http://chroniquesdelindecise.blogspot.com/
Il y a une fille dans ma classe qui est en dépression depuis -il me semble- la nuit des temps. Et elle répète à qui veut bien l'entendre qu'elle désire avoir un enfant pour avoir une raison de vivre.

Elle n'est pas la seule à souhaiter une telle chose et c'est adhérant. Je ne comprends pas comment un enfant, si jeune et si innocent, peut naître avec le poids de la vie de ses parents sur les épaules.

Vivement la psychothérapie et les thérapies familiales!

Je crois comme toi que le rôle des parents n'est pas d'être un ami, mais plutôt d'être un bâton pour aider à marcher et à avancer dans la vie. Le cas échéant, ce bâton qui sert à soutenir le jeune, peut -et doit- sévir en cas d'égarement.

Bien sûr, c'est une métaphore, mais ça montre bien, selon moi, le schémas "normal" d'une famille bien constituée. L'enfant n'a pas a soutenir le parent dans à peu près n'importe quelle situation que ce soit.

Je trouve ça dommage que pour certaines personnes ce ne soit pas un concept/idée/fait acquis.


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