Publié le lundi 21 janvier 2008
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Le plus difficile dans le métier d'enseignant, c'est le recommencement, l'éternel retour du début de la session, de la mi-session et de la fin de session. Pendant plus de trente ans. « Tu vas voir, m'avait prévenu un vénérable professeur à mes débuts, le plus difficile à accepter dans le métier, c'est de voir ses élèves partir pour l'université, terminer leurs études, commencer une carrière et gravir les échelons dans la société, alors que toi, comme professeur, tu restes toujours à la même place. »
En effet, quand je vois mes collègues de naguère passer du métier de simple journaliste à reporter, à chroniqueur, à directeur des nouvelles, à éditorialiste et même à éditorialiste en chef, je me dis qu'ils ont progressé dans la vie. Plusieurs sont même devenus des vedettes de la télévision ou de la radio. Tandis qu'un professeur restera toujours un simple enseignant. Il aura toute sa vie les mêmes conditions de travail. Trente années devant plus de 150 élèves par semaine en enseignant presque toujours la même matière, il faut le faire!
Le professeur qui m'avait prévenu de ce danger de l'impression de stagner dans la vie m'avait également donné une clé : « renouvelle-toi dans ta façon d'enseigner, reste passionné par ta matière et suis l'évolution des jeunes ». Cette façon de voir l'enseignement permet de se renouveler dans son métier sans se faire dépasser par les événements. Évidemment, cela représente également un défi. Comment rester branché sur ce qui allume les jeunes d'aujourd'hui alors que l'on vieillit? Là réside une partie importante de l'art de l'enseignement. Continuer de s'étonner devant les nouveautés et les changements dans la société tout en continuant d'étonner les jeunes que l'on côtoie quotidiennement. Apprendre en enseignant. Cela prend de l'énergie, du courage et une bonne dose de modestie.
Publié par : Plotin
à 12:04:51
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Comments :
Catégories : Éducation, Personnel
8 Commentaires :Commentaire écrit le mardi 22 janvier 2008 à 11:58:49 (
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Armand
Cher Pilotin,
On peut progresser dans l'enseignement...
J'ai connu un cas. Mais comme avec toutes les pyramides, il n'y a pas beaucoup de place au sommet!
Il y a aussi des impossibilités dans la fonction publique.
Je ne citerai pas le lieu... Un Professeur était à la tête d'un département dans un institut d'optique de renommée mondiale.
Pour pouvoir l'augmenter car il y a des "grilles" de salaires dans la fonction publique, il a fallu le nommer recteur dans une autre université... mais où l'optique n'était pas une priorité.
Le Professeur a vu son traitement progresser un peu, la science a perdu beaucoup.
Amitiés
Commentaire écrit le lundi 21 janvier 2008 à 22:51:33 (
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jmg
Si j'excelle trop dans une certaine tâche, je risque la permanence. Ainsi, une dactylo très performante gardera son poste aussi longtemps qu'elle s'en contentera et que des meilleurs ne la déplaceront.
Même si la comparaison est mal choisie, l'idée de fond tient la route. Dans l'enseignement, je peux me dire que la noblesse du rôle et que la hauteur du défi pour tenir longtemps valent la peine de cultiver mon coin de jardin.
Commentaire écrit le lundi 21 janvier 2008 à 17:21:35 (
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Plotin -
http://plotin.monblogue.branchez-vous.com/Tiens, le professeur masqué m'a démasqué... mais comme le dit Sylvain, devenir adjoint ou directeur, est-ce réellement un progrès? Et dans quel sens?
Circé a peut-être raison. Après tout, si nous avons choisi ce métier, n'est-ce pas pour rester en contact avec la (notre) jeunesse?
Commentaire écrit le lundi 21 janvier 2008 à 15:56:38 (
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Écho -
http://narcissecho.blogspot.com/Merci pour l'accueil et le mot de bienvenue. Au plaisir de vous (re)lire.
Circé
Commentaire écrit le lundi 21 janvier 2008 à 15:19:16 (
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Sylvain -
http://slyberu.blgospot.com@ Prof Masqué : j\'allais le dire... et ajouter du même souffle \"Mais est-ce vraiment un progrès ?!???\" J\'en doute \"très beaucoup\" !
Commentaire écrit le lundi 21 janvier 2008 à 15:18:57 (
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Sylvain -
http://slyberu.blgospot.comTrès intéressante série de billets sur le phénomène, qui complète à merveille mon début de synthèse amorcé dans mon blogue (Éducation-2.0-et-profs-1.0-ou-moins)
Je devrai vraisemblablement pondre un autre billet (pour pas que le texte soit trop long à lire ;-) qui tiendra compte des réalités suivantes : le plagiat, la longueur et la profondeur d\'un développement d\'idées, l\'égalisation \"syndicale\", et autres que j\'oublie probablement pour l\'instant.
À plusieurs réfléchissants, on arrive à faire une belle synthèse de la situation, je crois. Après ça, dans l\'action, il reste à voir comment tout ça peut se traduire...
Commentaire écrit le lundi 21 janvier 2008 à 15:16:40 (
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Le professeur masqué
On peut toujours devenir adjoint ou directeur...
Commentaire écrit le lundi 21 janvier 2008 à 13:37:18 (
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Écho -
http://narcissecho.blogspot.com/Entièrement d'accord. Je déteste la routine d'avoir à enseigner toujours les mêmes notions. L'émerveillement doit faire partie des qualités d'un prof - mais en même temps, n'est-ce pas pour cela que nous avons choisi ce métier ? rester en contact avec la(notre) jeunesse ?