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Publi le lundi 07 avril 2008Lundi 07 avril 2008
Chagrin de Pennac J'ai toujours aimé Pennac. Son dernier livre, Chagrin d'école m'a un peu déçu. Pas sur le plan littéraire, toutefois. De ce point de vue, l'écriture de Pennac est toujours efficace, charmante, séduisante. Bref, on lit Pennac d'un bout à l'autre sans s'ennuyer. Pour cela, je lui en serai toujours reconnaissant. J'aimerais avoir son talent. Non, c'est plutôt son propos sur l'école, imprégné de nostalgie du temps naguère qui me laisse indifférent. Le par-cœur, les règles rigides, les textes, les réprimandes, la discipline, etc. Non, rien là-dedans ne me tente comme enseignant aujourd'hui et rien ne correspond à mon expérience personnelle de professeur. Par contre, la fin du livre, les derniers chapitres sur l'élève-client d'aujourd'hui et sur l'incapacité des professeurs ayant réussis leurs études à comprendre les élèves les moins doués, la collision entre le savoir et l'ignorance, le « ça » auquel les professeurs et les élèves ne sont pas préparés, voilà les propos qui rejoignent le plus mon expérience personnelle. C'est là un avantage d'avoir eu de la difficulté dans les études. Avoir été cancre, comme Pennac, ou lunatique, comme moi, représente un avantage certain dans l'enseignement. On comprend mieux ceux qui ne comprennent pas. J'ai d'ailleurs déjà écrit un texte là-dessus. Pour terminer ce billet en forme d'hommage à un essai qui se lit d'un trait, même lorsqu'on n'est pas d'accord avec la majorité des opinions émises, voici un extrait particulièrement savoureux de Chagrin d'école : « Il existe cinq sortes d'enfants sur notre planète, aujourd'hui : l'enfant client chez nous, l'enfant producteur sous d'autres cieux, ailleurs l'enfant soldat, l'enfant prostitué, et sur les panneaux incurvés du métro, l'enfant mourant dont l'image, périodiquement, penche sur notre lassitude le regard de la faim et de l'abandon. Ce sont des enfants, tous les cinq. Instrumentalisés, tous les cinq. » Chagrin d'école, Daniel Pennac, Gallimard, p. 286. Triste constat, tout de même. Non? Si au moins l'école peut les « désinstrumentaliser » un peu, ça sera toujours cela de gagné... |
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