L'air du temps!:
Jeudi 08 mai 2008
Désaffiliation

Je sais, je sais, je néglige mon blogue ces temps-ci. Mais c'est pour une bonne cause, puisque depuis lundi soir dernier, nous ne sommes plus affiliés à la Fédération autonome du collégial (FAC). Nous allons rejoindre soit le FEC (CSQ) ou la FNEEQ (CSN). Le comité de direction du syndicat local propose de joindre les rangs des enseignants de 7 autres cégeps, la FEC, plutôt que de se tourner vers la FNEEQ où sont logés 36 syndicats de cégeps et les 2/3 des enseignants du réseau collégial.

Je milite en faveur de la FNEEQ, pour le regroupement le plus large possible des enseignants du collégial. C'est la raison principale de mon inactivité de blogueur des derniers jours et des prochains. Une fois la tempête passée, je serai de retour pour la fin des classes.




Samedi 03 mai 2008
Le premier cours de l'année

Je vous ai déjà parlé à maintes reprises du recueil d'activités pédagogiques originales (50) sur lequel je travaille en ce moment pour mon Collège. Pour vous donnez une idée du type d'activités que le recueil va contenir, je vous présente un exemple ci-dessous. Cela pourrait vous donner des idées pour vos propres cours, je l'espère.

Les détecteurs de mensonges

De 15 à 30 minutes

Buts pédagogiques :

Présentation du professeur au premier cours de l'année et « briser la glace » afin de faciliter les échanges entre le professeur et les élèves.

Matériel :

·        Un professeur

·        Une classe d'élèves

·        Le premier cours de l'année

·        Une feuille ou un tableau

·        On pourrait également utiliser un PowerPoint dans une classe multimédia.

Préparation :

Le professeur rédige de trois à six affirmations de son choix qui présentent des moments importants de sa vie (Études, publication, activités, passe-temps, etc.). Une de ces affirmations doit être fausse. Ces informations devraient être pertinentes pour l'enseignement futur tout en étant surprenantes afin de piquer la curiosité des élèves.

Déroulement de l'activité :

À son arrivée dans la classe, après avoir salué les élèves, le professeur propose le jeu-questionnaire Les Détecteurs de mensonges. Les élèves pourront alors découvrir à qui ils auront affaire pendant la session.

Le professeur écrit au tableau les affirmations qu'il a préparées tout en disant qu'il y a une de ces phrases qui est fausse. Aux élèves de la trouver en posant des questions. Toutes les stratégies sont bonnes afin de deviner le mensonge. Les élèves posent les questions à tour de rôle sur les affirmations ou sur ce qu'elles laissent supposer jusqu'à ce que l'intérêt de la classe s'estompe.

Lorsqu'il n'y a plus de questions ou lorsque les élèves pensent avoir trouvé le mensonge, on passe au vote. Le professeur reprend les affirmations et les élèves votent pour celle qu'ils croient fausse.

Il est à espérer que le professeur ne sera pas un super menteur et que quelques élèves devinent le mensonge…

La durée de cette activité d'introduction varie de 15 minutes à 30 minutes, selon la participation des élèves.

Résultats attendus :

Premier contact sympathique entre le professeur et son groupe d'élèves. Atmosphère détendue qui se prête à la complicité et aux échanges entre le professeur et les élèves. Présentation plus dynamique du professeur.




Mardi 29 avril 2008
Ce qui intéresse les jeunes de 18 ans et plus

Tiens, une fois n'est pas coutume. Comme nous sommes en période de désaffiliation syndicale à mon Collège et que je prends part au débat de façon particulière, je n'ai pas le temps d'écrire beaucoup ces jours-ci. De plus, je dois remettre bientôt mon manuel d'activités pédagogiques originales. J'ai une quinzaine d'exercices transcrits et mis en forme. J'en ai 40 autres à récrire d'ici deux semaines. Ouf! Finalement, il y a les corrections de fin de session qui entrent régulièrement et le déménagement à préparer. Bon, j'ai fini de me plaindre. Heureusement, j'ai d'excellents élèves dans mes groupes. Ils ont entre 17 ans et 20 ans.

Voici la liste des sujets d'exposés de mes élèves dans le cours d'Éthique et politique, orientation Arts et lettres. Cela peut vous donner une idée de ce qui préoccupe les jeunes d'aujourd'hui.

Voici donc les thèmes abordés : la jeunesse chez les mannequins; l'implication des artistes pour une cause; les publicités controversées de Toscani; la drogue et les arts; la musique dérangeante; l'obsession de la beauté et de la minceur; la liberté d'expression dans les médias; les caricatures de Mahomet et la cyberintimidation. Voilà un aperçu du contenu des trois derniers cours de la session. J'ai hâte d'entendre ce que les élèves ont à dire!




Lundi 28 avril 2008
Les jeux vidéo et les études

Le produit culturel qui va devenir le plus vendu dans le monde et dans l'histoire du divertissement, GTA IV, sortira demain matin. Si vous ne savez pas ce que c'est, eh bien, mettez-vous à jour! Il s'agit de Grand Theft Auto IV, qui s'écoulera à 6 millions de copies dans la première semaine seulement et permettra à Rockstar Games d'empocher quelque 400 millions de dollars. C'est plus que tout autre produit culturel jusqu'à maintenant.

Au-delà des polémiques sur le contenu plus que douteux de ce jeu vidéo, c'est l'ampleur du phénomène qui frappe l'imagination. Aucun autre produit culturel, aussi génial soit-il, n'a obtenu un tel succès annoncé. Est-ce à dire que les gamers ont envahi la planète? Peut-on et doit-on classer les jeux vidéo dans la catégorie des produits culturels?

Quoi qu'il en soit, autour de moi, tant chez les élèves que chez les amis de mes enfants, les jeux vidéo constituent l'essentiel des activités en dehors de l'obligation d'aller à l'école. Surtout chez les garçons qui jouent souvent sans pouvoir s'arrêter et qui finissent immanquablement par abandonner les études, incapables de concilier exigences scolaires et ludiques.

De plus en plus d'études s'intéressent à la dépendance envers les jeux vidéo, au même titre que la dépendance à la nicotine ou à l'internet. Sans avancer de chiffres, c'est selon moi un des problèmes majeurs de l'échec des garçons à l'école. En tout cas, il faudrait explorer cette dimension pour comprendre une partie des problèmes actuels des garçons (et de certaines filles également) à l'école. À partir de demain, le problème sera crucial...




Vendredi 25 avril 2008
L'école discriminatoire envers les garçons?

L'accent mis sur l'acquisition et la maîtrise de la langue d'enseignement en éducation dès le primaire, puis au secondaire et maintenant au collégial et à l'université, désavantage les garçons à tous les niveaux du système. Puisqu'on sait depuis plusieurs années que les garçons ont de la difficulté à maîtriser la langue maternelle et la motricité fine, il serait urgent de valoriser d'autres aspects des connaissances et habiletés à l'école.

On le remarque à tous les niveaux, du primaire à l'université, lorsqu'on corrige les travaux écrits des élèves on peut facilement dire, seulement en regardant la calligraphie, de quel sexe est l'élève qui a remis la copie. Il y a bien sûr des exceptions. Quelquefois, des garçons écrivent bien, leur copie est propre et l'orthographe respecte les règles. Inversement, il arrive aussi que des filles remettent des copies malpropres et « bourrées » de fautes. Mais ce sont des exceptions.

Comme tout l'accent est mis en éducation sur la maîtrise de la langue d'enseignement et la propreté, les élèves pénalisés le plus souvent, dès leur entrée à l'école, se trouvent être des garçons dans la vaste majorité des cas. Et cela se perpétue et s'accentue au secondaire et au collégial.

L'école n'est pas une affaire de filles, comme certains le prétendent. Les garçons pourraient très bien s'épanouir à l'école s'il y avait plus d'hommes dans le milieu scolaire, si plus de pères s'occupaient des devoirs de leurs enfants et si l'on valorisait d'autres aspects de l'éducation à l'école, comme les mathématiques, les sciences, l'informatique, l'éducation physique, etc.




Mercredi 23 avril 2008
Les maths violentes?

Quand j'ai lu le titre, je me suis dit, tiens, il y a là une erreur. Ça ne se peut pas. On ne peut pas associer des disciplines scolaires à la violence. Pourtant, le titre était exact. Non seulement était-il exact, mais il renvoyait à une référence majeure : Freud!

En effet, ce serait le père de la psychanalyse qui a associé les mathématiques à la violence. Dans le livre Délire et rêves dans la Gradiva de Jensen, pp 165, Freud affirmerait que les mathématiques sont violentes. Un plus un égale deux. Pas de discussions interminables, pas d'autres options. Les mathématiques, et les sciences dites dures, sont tranchantes. Une seule réponse (on parle des mathématiques traditionnelles), pas d'autres possibilités pour résoudre un problème. Il faut que tout le monde arrive au même résultat. Pour reprendre le titre d'une chanson québécoise, « c'est ça qui est ça ». Point final.

Laurence, qui gère un très beau site internet, ajoute d'ailleurs cette anecdote significative à propos du texte de Freud : « Le passage est très drôle d'ailleurs. Freud se moque de Rousseau qui a cherché à fuir la sexualité par les maths, mais quand il s'est retrouvé avec des problèmes de cylindres, de sections, de corps qui se choquent, il s'est senti cerné et il a pris peur... »

Les mathématiques et les sciences dures ne laisseraient donc pas de place aux nuances, aux discussions, aux impressions, aux sentiments. Même si cela est faux, reste la perception que l'école transmet de ces matières. Ce pourrait d'ailleurs être une des raisons qui ferait que les garçons sont davantage attirés par ces disciplines que les filles qui préféreraient, quant à elles, les langues, les arts, les sciences humaines, etc. Le côté draconien et abstrait des mathématiques et des sciences pures serait-il l'aspect qui plairait aux garçons qui se retrouvent dans cet univers droit, rigide, où une loi ne se laisse pas interpréter comme une règle de grammaire avec ses multiples exceptions?




Mardi 22 avril 2008
Je quitte?
Je songe de plus en plus à quitter le réseau de blogues de Branchez-vous pour aller vers un réseau plus large qui offre également plus de services et surtout, plus d'outils de modélisation de l'apparence de la page. Un blogue doit être lu par un plus large éventail de personnes possible. Mais j'hésite. J'ai peur de perdre quelques lecteurs assidus et intéressants qui nourrissent mes réflexions sur l'enseignement et sur la vie en général. Que faire? J'expérimente une deuxième publication de mon blogue sur Blogger. Aussitôt que quelqu'un réplique à un billet, je suis averti par courriel. C'est plus intéressant pour suivre les discussions et répondre aux commentaires. Alors, je quitte Branchez-vous pour aller reprendre là-bas la publication de mes carnets?


Lundi 21 avril 2008
Le devoir d'amour envers le Canadien de Montréal

Longtemps, je n'ai pas aimé le Canadien de Montréal. Je détestais même le chandail bleu-blanc-rouge. Je trouvais cela quétaine, commun, pas original du tout d'aimer la sainte flanelle. Je n'avais aucun sentiment d'identification ou d'appartenance envers les Glorieux. Je préférais de beaucoup le jaune et noir des big bad Bruins. J'affectionnais les underdogs, les mésestimés, les négligés.

Il y avait peut-être là un sentiment de révolte mal dégrossi qui s'exprimait par mon aversion envers la pureté du saint suaire. « Les bras meurtris qui tendent le flambeau… », c'était trop cul-cul. Et, surtout, l'unanimité qui entraîne tout le monde à aimer la même chose, en l'occurrence un club de hockey, me révoltait. L'originalité devait s'exprimer par une adhésion à tout ce que les autres exécraient.

Il aura fallu la naissance d'un lien d'amitié universitaire pour que je commence à comprendre l'importance du Canadien dans l'affirmation d'une identité nationale. Mon nouvel ami de l'époque n'avait pas été élevé au Québec. En fait, sa mère l'avait envoyé dans des écoles en Californie, en Suisse et en Afrique. Il avait grandi à l'ombre de la vague de l'affirmation nationale du Québec dans les années 70.

Mais à chaque fois qu'il disait à des étrangers qu'il était Québécois d'origine, la même réaction, toujours : LE CANADIEN de Montréal! C'était la seule chose que ces étrangers connaissaient du Québec. Le reste, la poutine et la bière, les ceintures fléchées et les bancs de neige, ne représentaient rien pour ces personnes de par le vaste monde. Seul emblème de l'identité québécoise à l'étranger (c'était avant Céline Dion et le Cirque du Soleil) : la Sainte-Flanelle.

Pour ce fils d'écrivain québécois qui s'était suicidé par désespoir du manque d'affirmation nationale de ses compatriotes, le fait que le Canadien soit la seule référence pour les étrangers qu'il a rencontrés durant toutes ses années de formation était devenu comme le centre de sa propre identité perdue, le seul but de son errance sur la planète.

Lors de son retour au Québec, le Canadien représentait pour lui l'essence de la fierté québécoise. La patinoire devenait le seul endroit où les Québécois gagnaient les guerres successives (24 coupes, tout de même) sans armes sur les Anglais et pouvaient triompher sur la planète entière.

Pour lui, mon pays, ce n'était pas l'hiver, mais le Canadien de Montréal. Il était de son devoir de citoyen d'aimer aveuglément les Glorieux. Il y allait de son identité profonde. Sans le Canadien, il n'était plus rien, qu'un orphelin errant essayant d'échapper au spectre de son paternel désespéré qui avait mis fin à ses jours de façon tragique et spectaculaire dans une cour d'école.

Par respect pour mon nouvel ami, par solidarité, par compréhension de la dimension éthique et politique du geste, je devins alors un inconditionnel des Habitants à mon tour. Pour toujours, j'ai le devoir impératif d'amour envers le Canadien de Montréal, même s'il n'y a plus beaucoup de Québécois dans l'organisation. Mon hymne, pas original du tout, mais profondément ressenti : « Go Habs go. »




Vendredi 18 avril 2008
Le niveau monte ou baisse?

Contrairement à ce que véhiculent plusieurs personnes du milieu de l'éducation et d'autres intervenants dans des reportages récents, le niveau (de quoi au juste?) ne baisse pas. Au contraire, je dirais plutôt que les exigences scolaires montent.

Ainsi, dans le « bon vieux temps » des débuts de l'enseignement collégial, les élèves pouvaient fréquenter les cégeps sans jamais écrire un seul travail en français et en philosophie. C'était souvent les secrétaires qui tapaient les textes et les corrigeaient avant que l'élève remette son travail au professeur. De plus, les cours étaient beaucoup moins exigeants qu'aujourd'hui où les professeurs sont tenus de présenter des plans de cours de plusieurs pages avec des objectifs précis qui correspondent à des devis ministériels et des plans-cadres.

Il n'était pas rare, dans les années 70 et 80, d'avoir un plan de cours d'une page, même pas dactylographié… Il y avait plusieurs professeurs qui ne donnaient jamais de cours. Ils présentaient les livres à l'étude et l'échéancier des travaux à remettre pendant la session. C'était tout. Impensable aujourd'hui!

Maintenant, les élèves suivent des cours de la part de professeurs qui ont été évalués par les administrations des collèges. Les professeurs doivent non seulement respecter les plans-cadres et les devis du MELS, mais également les règles d'évaluation des programmes ou des départements. Souvent, ils doivent remettre des notes qui correspondent à des grilles de corrections très strictes. Auparavant, les professeurs pouvaient évaluer de façon plutôt douteuse, à la tête du client…

En plus, les exigences à l'intérieur des cours ont toujours tendance à augmenter avec le temps. Les heures d'études pour les élèves sont d'autant allongées.

Finalement, on a ajouté ces dernières années d'autres types d'évaluation pour encadrer davantage les élèves dans les programmes. C'est ainsi que sont apparues les épreuves synthèse de programme. En plus de l'Épreuve uniforme de français du MELS.

Bref, depuis plus de 15 ans, les exigences ne cessent d'augmenter au collégial. Les élèves doivent se soumettre à des examens à répétition à l'intérieur des cours de plus en plus contrôlés, à des épreuves synthèse de programme et, finalement, à l'Épreuve uniforme de français du MELS. Toute cette batterie de tests serait inutile, si l'on se fie aux qu'en-dira-t-on?

Non, au contraire, les encadrements des professeurs et des élèves assurent un enseignement de qualité qui faisait défaut aux cégeps des « belles années » où tout était possible, le meilleur comme le pire. Actuellement, il y a plus de contrôle, moins de laisser-aller, mais surtout de meilleurs résultats.

Les élèves d'aujourd'hui sont nettement mieux outillés que les élèves des années 70 et 80 qui n'ont pas été si mauvais non plus. Arrêtons la nostalgie du bon vieux temps et du c'était meilleur avant. Peut-être que c'est aussi bien aujourd'hui? Peut-être même que le niveau monte? En tout cas, une chose est sûre, il ne baisse pas.




Jeudi 17 avril 2008
La folie du mâle

Aujourd'hui, à la une de La Presse, quelques statistiques alarmantes : en moyenne, 16 agressions sexuelles déclarées à la police par jour au Québec; une agression sexuelle sur 5 qui sont commises est déclarée à la police; plus de 80 % des victimes sont de sexe féminin; 97 % des agresseurs sont de sexe masculin et 20 % ont moins de 18 ans.

Outch! Ça fait mal aux mâles. Si l'on calcule bien, il y aurait 80 agressions sexuelles par jour au Québec seulement. Et 97 % de ces agressions à caractères sexuels (on ne parle pas des autres types ici, comme la brutalité verbale ou physique envers une femme ou une fillette par exemple) sont faites par des hommes. Près de 78 hommes agressent donc sexuellement des femmes et des fillettes, principalement, chaque jour au Québec…

30 % des victimes ont moins de 12 ans au moment de l'agression sexuelle.

Est-ce soignable docteur? Où est le bobo? Comment cela se peut-il? Si l'on comprend bien, il y aurait 29 200 agressions sexuelles dans l'année au Québec. Sans compter les autres types d'agression. C'est beaucoup. En tout cas, les hommes devraient se poser des questions importantes et l'on devrait vraiment essayer de comprendre les sources du problème.

Une femme sur trois sera victime d'agression sexuelle au cours de sa vie et 80 % des victimes connaissent l'auteur de leur agression sexuelle. Ouf!

J'ai mal au mâle!

Brisonslesilence.com

Sources des statistiques : Sécurité publique, 2006 et Enquête générale sociale, Statistique Canada, 1999.




Mardi 15 avril 2008
Le niveau baisse?

J'en ai assez d'entendre les discours alarmistes de pieuses personnes qui montent en épingle les exceptions pour s'arroger le privilège de juger et de protéger la pureté en éducation. Qu'ils aillent suivre les cours de français, de philosophie et de sciences humaines dans les cégeps de la province et qu'ils subissent les épreuves de quatre heures d'écriture dans un local mal aéré, entassés comme des sardines, et ils pourront juger de l'état actuel des choses. Non, les élèves d'aujourd'hui sont aussi bons, sinon meilleurs que dans le bon vieux temps où c'était les secrétaires qui dactylographiaient les textes que les élèves remettaient à leurs professeurs.




Lundi 14 avril 2008
L'échec des garçons à l'école

Récemment, on a publié des statistiques intéressantes sur la réussite des élèves à mon Collège. On se targuait, avec raison, du succès scolaire des garçons à l'Épreuve uniforme de français par rapport aux autres institutions collégiales. En effet, les gars réussissent dans une proportion de 85 % à peu près, comparativement à la moyenne provinciale d'environ 75 %. Sauf que la statistique cachait une réalité pour le moins troublante. Seulement quelque 300 élèves masculins s'étaient présentés à l'épreuve tandis que près de 600 filles avaient passé l'examen…

Dans les classes de français qui préparent à l'épreuve de français, les groupes sont constitués de seulement 33 % de garçons. Toujours. Si l'on considère que notre Collège accueille grosso modo une proportion de 55 % de filles et de 45 % de garçons, il y a donc une différence de plus de 10 % de garçons par rapport aux filles qui ne se rendent pas à l'épreuve ministérielle de français et qui n'obtiendront donc pas de diplôme. Et cela malgré toutes les mesures mises sur pieds par le Collège afin de favoriser la réussite des garçons.

Alors, que se passe-t-il sur le plan de la réussite des garçons à l'école depuis plus de dix ans qu'on a sonné l'alarme? Pas grand-chose. En fait, oui, il se passe des choses : on tente des expérimentations, on essaie d'expliquer le phénomène et l'on met de l'avant certaines mesures. Mais les résultats ne sont pas encore assez probants pour être reconnus comme une avenue qui mettrait en échec l'échec des garçons à l'école.

François Guité, encore lui, a fait un travail remarquable de synthèse et de compilation d'études récentes sur le sujet ici.

De mon côté, plus modestement, j'ai publié quelques articles dans les journaux depuis dix ans sur les difficultés scolaires des garçons. Voici les principaux : Pôvres gars; histoire de filles; Réussir gars; Les mâles; Les désavantages.

Par ailleurs, vous pouvez suggérer des pistes de réflexion à Mario qui participera à un panel sur le sujet jeudi prochain dans le cadre du Colloque sur la réussite éducative.

Quant à moi, je suis de plus en plus tenté d'expliquer les problèmes des garçons à l'école par quatre facteurs principaux. Le rôle effacé des pères dans l'éducation, l'incapacité des professeurs à comprendre les difficultés d'apprentissage (la collision entre le savoir et l'ignorance, selon Pennac), l'omniprésence des jeux vidéo dans l'imaginaire des garçons et la désuétude du système d'enseignement qui ne peut s'adapter aux nombreux changements rapides dans la transmission des savoirs.




Dimanche 13 avril 2008
Une fin heureuse

À la fin du film, ma fille s'est écriée, indignée et déçue : « c'est un mauvais film! C'est poche! C'est débile! » Elle se révoltait devant l'impensable. Pourtant, tout au long de la projection, elle était rivée à l'écran dans une attitude de recueillement. On sentait monter en elle un sentiment de tristesse et de compassion.

La fin abrupte, sans réconciliation, sans résolution du conflit, sans dénouement heureux l'a complètement abasourdie. Pour elle, c'était impossible, ça ne se pouvait pas. Un film doit se terminer par une fin heureuse, le Happy ending tant souhaité par tous les spectateurs. Mais là, la catharsis ne fonctionnait pas. On ne pouvait sourire de soulagement après la libération finale.

Tout l'art de l'industrie américaine du cinéma consiste à édifier des obstacles de plus en plus infranchissables en vue de l'accomplissement final qui résulte du passage des épreuves du personnage principal pour aboutir à la réussite. Le bien doit impérativement triompher du mal. Le succès est au bout de la bobine de film. Explosion de joie, triomphe, le héros est toujours le plus fort, même s'il s'en sort mal, un peu brisé.

Mais dans ce road movie basé sur une histoire réelle, rien de tout cela. On suit le héros dans ses péripéties, on le voit surmonter les épreuves, on l'accompagne dans ses pérégrinations, mais on aboutit à une forme de renoncement amère. Est-ce une fin heureuse? On n'est pas sûr, ni rassuré. Pourtant, le héros sourit lors de la scène finale.

Est-ce cela, l'aventure Vers l'inconnu? On sort des sentiers battus du cinéma américain pour suivre cette quête d'authenticité, qui a mené réellement au bout de soi un jeune américain d'une vingtaine d'années aux débuts des années 90. En regardant les superbes images de Into the Wild, de Sean Penn, on ressent un malaise qui tenaille le ventre plusieurs heures, voire plusieurs jours, après la fin du film. Une véritable expérience cinématographique.




Vendredi 11 avril 2008
Le cancer, il n'y a pas que cela dans la vie...

On parle abondamment du cancer ces jours-ci. Les statistiques sont alarmantes et font peur. On connaît tous quelqu'un qui est mort du cancer. Cela donne au moins un visage humain à la bête terrible.

De plus en plus, aussi, on se tourne vers un ensemble de facteurs pour expliquer les causes de la maladie. Alimentation, pesticide, stress de la vie moderne, pollution, prolifération des ondes et des champs électromagnétiques, etc. On ne peut rien y faire. Une personne sur trois sera touchée.

Mes parents ont eu trois garçons. Je suis la statistique. C'est moi qui fus foudroyé par le mal. Deux opérations plus tard, je survis. Tant bien que mal. Non sans angoisse. Quand la chose va-t-elle réapparaître? Sur quelle partie de mon corps? Encore une fois, là où je ne pourrai pas la voir venir? Dans mon dos? Sous mon cuir chevelu? Dans mon ventre? Où?

Heureusement, la hausse vertigineuse du prix de l'essence et la série du Canadien de Montréal contre les méchants Bruins de Boston accaparent mes esprits. La désaffiliation syndicale de mon syndicat local occupe également une partie de mes pensées. Sans compter que je dois encore donner des cours de philosophie, préparer la tâche d'enseignement pour mes collègues, rédiger mon recueil d'activités pédagogiques originales et, surtout, m'occuper de ma famille et du déménagement de la maisonnée pour la fin de juin.

Avec toutes ces activités quotidiennes, on ne voit pas la mort se profiler. Dans mon cas, elle peut bien attendre encore plusieurs années ou me frapper en plein front, comme elle l'a fait il y a presque cinq ans maintenant.

Le chirurgien a dit : « ça me fait penser au mélanome de Robert Bourassa. Presque identique. Je faisais partie de l'équipe qui l'a opéré. » C'était pour m'encourager…

Le cancer est dans le regard des autres et leurs jugements résignés d'empathie. Il ne faut surtout pas parler du mal que la maladie a fait et des séquelles qu'elle laisse. Pas tant sur le corps que dans le doute continuel qui reste après la supposée guérison.

Suis-je guéri pour de bon, comme dit Alex dans Orange mécanique? Suis-je revenu comme avant la maladie et les opérations? Peut-on revenir tout à fait de ces expériences-là? Le faut-il?

Bon, maintenant j'y vais de mes prédictions. Le Canadien en six. Pittsburgh contre Détroit en finale de la coupe Stanley. Pittsburgh gagne en sept. Go habs go… Le printemps est arrivé. La vie est belle. Je vais reprendre mes entraînements pour le tennis et mes prières sur les courts en frappant des balles de feutres. Le bonheur.




Jeudi 10 avril 2008
Enseignement et cinéma

Mes deux enfants voient au moins un à deux films par jour à l'école. Soit dans les cours d'histoire, de français, de morale, d'anglais, de géographie ou de biologie. Au cégep, les cours de cinéma se multiplient, autant en communication qu'en sciences humaines. Cinéma et histoire, cinéma et amour, cinéma et société américaine, langage cinématographique, les grands médias et les mass-médias, cinéma et humour; anthropologie, psychologie, philosophie, littérature, etc. Tous les prétextes sont bons afin de présenter un film en classe, dans à peu près toutes les matières.

Finalement, mes enfants, comme mes élèves, vont avoir plus vu de films à l'école qu'au cinéma. Aberration? Je ne sais pas. Mais je sais qu'il est beaucoup plus facile de présenter un film que de préparer un cours de trois heures…

Pas étonnant alors qu'il faille donner de plus en plus d'exemples issus de films récents aux élèves afin d'illustrer de la théorie. Les références qu'ils se forgent sont imprégnées de pellicules… Ils ont des images plein la tête. En philosophie ou en littérature, en tout cas, il est bien plus facile de faire comprendre un concept obscur ou une théorie difficile par des exemples tirés de l'histoire récente du cinéma américain que de citer des auteurs de livres ou des anecdotes littéraires.

Et pour être certain que tous les élèves vont comprendre de quoi il s'agit, l'idéal reste toujours de se servir d'une publicité télévisée afin d'illustrer de la théorie, même pour dénoncer le mercantilisme. De toute façon, dans l'enseignement, on n'en est pas à un paradoxe près… Non?




Lundi 07 avril 2008
Nostalgie d'école

Chagrin de Pennac

J'ai toujours aimé Pennac. Son dernier livre, Chagrin d'école m'a un peu déçu. Pas sur le plan littéraire, toutefois. De ce point de vue, l'écriture de Pennac est toujours efficace, charmante, séduisante. Bref, on lit Pennac d'un bout à l'autre sans s'ennuyer. Pour cela, je lui en serai toujours reconnaissant. J'aimerais avoir son talent.

Non, c'est plutôt son propos sur l'école, imprégné de nostalgie du temps naguère qui me laisse indifférent. Le par-cœur, les règles rigides, les textes, les réprimandes, la discipline, etc. Non, rien là-dedans ne me tente comme enseignant aujourd'hui et rien ne correspond à mon expérience personnelle de professeur.

Par contre, la fin du livre, les derniers chapitres sur l'élève-client d'aujourd'hui et sur l'incapacité des professeurs ayant réussis leurs études à comprendre les élèves les moins doués, la collision entre le savoir et l'ignorance, le « ça » auquel les professeurs et les élèves ne sont pas préparés, voilà les propos qui rejoignent le plus mon expérience personnelle.

C'est là un avantage d'avoir eu de la difficulté dans les études. Avoir été cancre, comme Pennac, ou lunatique, comme moi, représente un avantage certain dans l'enseignement. On comprend mieux ceux qui ne comprennent pas. J'ai d'ailleurs déjà écrit un texte là-dessus.

Pour terminer ce billet en forme d'hommage à un essai qui se lit d'un trait, même lorsqu'on n'est pas d'accord avec la majorité des opinions émises, voici un extrait particulièrement savoureux de Chagrin d'école :

« Il existe cinq sortes d'enfants sur notre planète, aujourd'hui : l'enfant client chez nous, l'enfant producteur sous d'autres cieux, ailleurs l'enfant soldat, l'enfant prostitué, et sur les panneaux incurvés du métro, l'enfant mourant dont l'image, périodiquement, penche sur notre lassitude le regard de la faim et de l'abandon.

Ce sont des enfants, tous les cinq.

Instrumentalisés, tous les cinq. » Chagrin d'école, Daniel Pennac, Gallimard, p. 286.

Triste constat, tout de même. Non? Si au moins l'école peut les « désinstrumentaliser » un peu, ça sera toujours cela de gagné...




Dimanche 06 avril 2008
L'intelligence, c'est...

« L'intelligence, c'est de vouloir l'être... » C'est ainsi que mon fils de 17 ans entreprit une discussion ce matin à table pour le déjeuner (petit-déjeuner pour les Français). Je ne me souviens plus à partir de quel sujet de l'actualité il a élaboré sa savante théorie.

Comme tous les membres de la famille se sont mis à rire à la suite de sa réplique, j'ai répondu immédiatement qu'il devrait aller écrire ses pensées profondes avant de les oublier. Plus tard, il pourrait les publier sous forme d'aphorismes comiques. Car, ai-je osé ajouter, « l'intelligence, c'est de ne pas l'oublier ». Autre formule énigmatique qui prête à de multiples interprétations.

Autre éclat de rire familial. Décidément, la journée commençait bien. Mots d'esprit sur l'intelligence qui ne se définit pas, avec les enfants en plus, c'était le paradis.

Et voilà que la petite dernière de 13 ans en rajoute en concluant : « De toute façon, l'intelligence, c'est trop songé… » Plusieurs heures plus tard, après plusieurs autres éclats de rire, on réfléchit encore à la question.

L'intelligence, c'est…?




Vendredi 04 avril 2008
Publier ou bloguer?

Tiens, c’est drôle, depuis que je blogue, je n’ai plus du tout envie d’être publié ailleurs. Je me contente de mon petit coin à moi, même s’il n’a pas la même diffusion que dans les grands médias.

Auparavant, j’envoyais des lettres ouvertes aux journaux régulièrement. J’étais publié dans La Presse et Le Devoir essentiellement, et dans quelques revues plus spécialisées en éducation, comme Pédagogie collégiale. Maintenant, je diffuse directement sur ce blogue. Le retentissement n’est pas le même, évidemment. Je ne reçois pas le même nombre de commentaires que lorsque mes articles paraissaient dans les quotidiens. Mais cela ne me fait rien.

Depuis que j’ai quitté Le Devoir, en 1991, c’est la première fois que je n’ai pas envie de passer par les voies habituelles de la diffusion des idées, des débats et des mots. Je n’ai même pas le goût que mes idées soient reprises ailleurs et qu’on m’invite à des émissions de radio ou de télévision pour en discuter, comme cela arrivait régulièrement auparavant.

Non, j’aime la paix et une espèce de sérénité que procure le blogage (diffusion des idées par les blogues). Il ne me viendrait pas à l’idée de chercher à publier mes propos ailleurs. Et si l’on me proposait d’éditer des parties de blogue, comme cela arrive de plus en plus souvent à des blogueurs émérites, je ne suis pas sûr que cela me plaise tout à fait.

J’aime bien aussi la sensation d’écrire pour une petite communauté seulement. Même si la communauté des blogueurs s’élargit constamment, il reste un sentiment d’intimité plus grand et de chaleur qu’on ne retrouve pas par les voies de diffusion traditionnelles comme la télévision, la radio et les journaux.

Et il y a aussi l’interactivité immédiate des lecteurs qui laissent des commentaires prolongeant ainsi la réflexion de l’auteur d’un blogue. N’est-ce pas?




Mercredi 02 avril 2008
Pissous

Je suis un peureux. J’ai peur d’avoir le cancer de la prostate. J’ai peur d’avoir le cancer du côlon. J’ai peur d’avoir le cancer du sang. Une peur constante et déraisonnable, un peu comme celle de Foglia. Évidemment, chez moi, cette peur est augmentée par l’expérience de la maladie et par deux opérations pour l’éloigner de moi.

Mais la peur de la voir réapparaître revient constamment. Aussitôt qu’une petite tache apparaît sur ma peau, la peur tenaille le ventre et les pensées les plus sombrent surgissent.

Comme si cela n’était pas assez, j’ai également peur de toutes sortes d’autres choses plus anodines les unes que les autres. J’ai peur que mon ordinateur me lâche encore, comme il y a deux semaines. J’ai peur que l’arbre devant la maison fasse encore des siennes et bloque encore le tuyau d’égout en provoquant encore une inondation. J’ai peur que mon fils et ma fille se fassent mal ou attrapent des maladies. J’ai peur au banc de neige devant la maison qui va fondre et inonder le sous-sol (encore!). J’ai peur que le propriétaire de la maison que nous avons achetée ne s’occupe plus de l’entretien et laisse la maison dans un état de déperdition avant qu’on ne l’occupe. J’ai peur de parler devant les autres, dans les réunions ou devant une assemblée.

Bref, j’ai été élevé dans la crainte constante. ATTENTION, ne cessaient pas de crier mes parents, surtout ma mère. J’ai fait la même chose avec mes enfants.

J’ai peur à l’avenir. Je sais que je suis en sursis, que je ne vieillirai pas comme mes parents qui ont plus de quatre-vingts ans. Le temps qu’il me reste est compté. Je sais que mes enfants ne me verront pas vieillir aussi et que je ne pourrai pas prendre leurs propres enfants dans mes bras.

Malgré tout cela, j’ai quand même peur pour des vétilles. Je ne m’en fais pas pour mon travail, ni pour les agissements parfois sauvages de certains élèves, ni même pour les remarques disgracieuses de certains collègues d’autres départements.

Mais il me reste la peur insensée de ne pas avoir assez d’argent pour effectuer les travaux sur la nouvelle maison. J’ai peur aussi qu’il arrive quelque chose d’épouvantable à la maison que nous occupons actuellement. J’ai peur surtout que la maladie touche un de mes proches.

Cette paranoïa provient de l’éducation familiale, évidemment. Mais aussi, je crois, elle fait partie de notre héritage national. Samedi dernier, je suis allé voir Florence de Marcel Dubé. Cette pièce de théâtre écrite en 1957, à la veille de la Révolution tranquille, relate l’histoire d’une secrétaire qui est sur le point de s’émanciper de sa famille et de toutes ses peurs ataviques. Dubé a réécrit la pièce au début des années 1970. Il a surtout modifié la fin pour la rendre plus conforme à l’évolution de la société québécoise. Finalement, la petite secrétaire, qui se fait abuser sexuellement par son patron et qui défie la peur familiale face à l’avenir, assume son désir de libération et décide d’aller travailler seule à New York. Comme une grande, elle se lance à l’aventure et à l’assaut du monde entier.

Se lancer à l’assaut du monde entier… Est-ce que les Québécois ont cessé d’avoir peur des étrangers et décidé de s’affranchir de la pensée d’être nés pour un petit pain? C’est la question centrale de cette pièce de Dubé. La question mérite d’être encore posée aujourd’hui. D’autant plus que j’ai peur de la réponse…




Mardi 01 avril 2008
Le paradoxe de l'enseignement

Voici un des beaux paradoxes qui enjolivent la vie : enseigner, c’est un art qui ne s’enseigne pas. En effet, ce n’est pas dans les livres qu’on apprend à se tenir devant un groupe d’élèves, ni à réagir aux innombrables impondérables qui ne cessent de surgir, jour après jour, dans une classe.

Cela ne veut pas dire pour autant que la pédagogie ne sert à rien. Au contraire, les cours de pédagogie qui se donnent actuellement dans les universités pour les futurs professeurs du collégial sont presque devenus indispensables. Combien de jeunes diplômés, fraîchement émoulus du deuxième ou troisième cycle des plus prestigieuses universités se sont cassé les dents en tentant de transmettre leur immense savoir à des jeunes de 17 ans depuis la naissance des cégeps?

Maintenant, la plupart des universités offrent des cours de pédagogie afin de compléter la formation spécialisée des futurs enseignants du collégial. Et cela paraît, quand on embauche de nouveaux professeurs qui ont au moins participé à quelques stages en milieu de travail, c’est-à-dire dans des classes de cégep.

Les cours de pédagogie offrent des outils qu’on expérimente ensuite en classe. Rien ne peut se substituer à l’expérience sur le terrain. L’enseignement, à cet égard, n’est pas différent des autres métiers qui s’enseignent dans les institutions scolaires.

Le paradoxe, qui confine presque à la contradiction, puisqu’on affirme qu’enseigner ne s’enseigne pas, ne résulte que d’une apparente contradiction. « C’est en forgeant qu’on devient forgeron », disait-on. Cela n’empêchait pas qu’un apprenti forgeron avait tout intérêt à apprendre le métier d’un maître expérimenté.

Voilà pourquoi les cours de pédagogie et les stages, qui ont fait leurs preuves au primaire et au secondaire, devraient être de plus en plus indispensables pour qui veut devenir professeur au collégial. Et peut-être aussi à l’université, non?

Cela ne garantit pas une qualité d’enseignement supérieur. Quelqu’un qui n’a pas suivi de cours de pédagogie ou de stages en milieu de travail peut très bien devenir un excellent professeur. Inversement, quelqu’un qui a suivi tous ses cours avec succès et qui a effectué plusieurs stages de formation en classe peut s’avérer un piètre enseignant. Mais la formation d’appoint universitaire en pédagogie permet d’ajouter quelques outils et quelques expériences supplémentaires en faveur des futurs enseignants, à tous les niveaux d’enseignement. Cela ne peut pas faire de tort, tant aux futurs professeurs qu’à leurs futurs élèves…




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