Bob, le fossoyeur du CH

03 07 2009

Bob Gainey vient de désavouer son plan quinquennal en se départissant d'une dizaine de joueurs qu'il avait amenés avec le Canadien de Montréal depuis cinq ans. De plus, il a hypothéqué l'avenir du club en échangeant de jeunes joueurs repêchés au premier round (Higgins, McDonagh...) et en dilapidant les fonds de l'équipe pour les cinq prochaines années en mettant sous contrat fort lucratif des joueurs de deuxième trio qui n'ont jamais connu plus qu'une bonne saison dans la ligue nationale.

De plus, les François Beauchemin, les Alex Tanguay, les Patrice Brisebois, les Francis Boullion, etc., n'ont pas été retenu dans les emplettes de fin de saison du directeur général du seul club qui a été fondé pour donner une chance de jouer aux hockeyeurs francophones dans la ligue nationale.

Bref, encore une fois, Bob (et Trevor Timmons) montre son incompétence à gérer un club de hockey dans la nouvelle ligue nationale et son incompréhension de la dimension sociale des Glorieux.

Le Canadien de Montréal a-t-il une meilleure équipe que l'an passé? Pas sûr. En tout, une chose est certaine, le Tricolore est un club de petits joueurs qui aura encore de la difficulté à faire les séries cette année. L'histoire se répète depuis le départ de Patrick Roy et de Serge Savard. Le CH n'appartient plus aux Québécois. Bob Gainey construit un club à l'image des Maroons de Montréal. Les fans ne sont plus que les morons qui continuent d'appuyer une illusion avec nostalgie.





Québec bashing

21 06 2009

Ce qui me désole dans la vente du Canadien de Montréal aux frères Molson, ce n'est pas la transaction d'affaires ou l'aspect hockey de la nouvelle, mais les réactions des partisans qui sont soulagés que le tricolore ne soit pas tombé entre les mains de Pierre Karl Péladeau ou de René Angélil, deux hommes d'affaires qui ne connaissent rien au sport national.

Outre que ce dernier point est faux, je veux bien accorder que les frères Molson ont grandi dans le vieux forum et qu'ils ont côtoyé les grandes équipes glorieuses du passé. De plus, la famille Molson est associée au Canadien depuis 1957. De cet aspect hockey, il n'y a rien à dire.

Mais pourquoi diable ajouter qu'il n'aurait pas fallu, pour rien au monde, que le club ne devienne la propriété d'un autre groupe de financiers québécois? Maintenant que l'on sait que les brasseurs de bière se sont associés à M. Thomson de Toronto, pourquoi un Québécois n'aurait-il pas pu faire l'affaire?

La réaction soulagée de certains partisans frise l'anti-Québécois pure laine (sans jeu de mots). On est fier que le club fondé pour donner une place aux Canadiens français soit encore la propriété de Canadiens anglais qui font leur argent en nous vendant de la bière et des jeux...

Sans compter qu'un des arguments entendus contre l'éventuelle vente à Péladeau, soit la concentration du pouvoir et des médias entre les mains de Quebecor, tombe puisque le groupe Thomson est propriétaire d'encore plus de médias (journaux, magazines, postes de télévision dont RDS, etc.). Convergence, vous dites?

Somme toute, c'est une bonne nouvelle que la Sainte-Flanelle redevienne la propriété de Montréalais, comme les frères Molson. Mais si Péladeau, Angélil ou même Bronfman avait mis la main sur le CH, cela n'aurait pas été plus mal. Au contraire.

Heureusement, ce matin, Réjean Tremblay remet les pendules à l'heure.





Apprendre à écrire à 20 ans

09 06 2009

Contrairement à l'idée généralement acceptée dans le milieu de l'éducation, surtout chez les enseignants du collégial, on peut apprendre à écrire à tout âge, même à 20 ans. J'en suis la preuve vivante. Jusqu'à l'université, je ne savais pas écrire. Presque tous les travaux que j'ai remis au cégep étaient retranscrits par des secrétaires qui corrigeaient les fautes de français et les erreurs syntaxiques. Heureusement, car je n'aurais jamais été accepté à l'université en physique. Et je n'aurais pas réussi mes cours au cégep.

C'est une fois à l'Université de Montréal en physique que je me suis rendu compte qu'il me manquait quelque chose d'essentiel : savoir communiquer par écrit dans ma langue maternelle. Pour apprendre à écrire, j'ai dû suivre les cours Café de M. Bernard Dupriez, lire trois grammaires (le précis de M. Grevisse, la nouvelle grammaire du français chez Larousse et une vieille grammaire de ma grand-tante).

Finalement, à la sueur de mon front, j'ai fini par apprendre par moi-même à écrire. Cinq ans plus tard, je me retrouvais dans la salle de rédaction du Devoir à corriger les textes d'autres journalistes et de certains écrivains chevronnés qui collaboraient au cahier littéraire.

Morale de l'histoire? On peut apprendre à écrire à n'importe quel âge, aussitôt qu'on le veut réellement et aussitôt qu'on a atteint une maturité adéquate. On n'apprend pas tous à écrire sa langue maternelle au même rythme. Pour les gars, en général, c'est plus lent. Pour certains (et certaines, j'en suis sûr), c'est encore plus lent. Vient un déclic qui se produit pour mille et une raisons, et la motivation apparaît tout à coup.

J'ai vu depuis d'innombrables étudiants qui n'avaient pas encore atteint la maturité nécessaire à l'apprentissage de la langue, tout comme je ne l'avais pas atteinte à leur âge. L'intelligence est là, les capacités langagières aussi, mais il manque l'élément déclencheur et un brin de maturité pour que ces étudiants traversent la frontière du désir d'apprendre à écrire.

L'élément déclencheur a été chez moi la découverte tardive de la littérature et de la philosophie. Quand j'ai compris qu'on pouvait s'amuser avec les mots et avec les règles, si on les maîtrisait, j'ai voulu apprendre. C'est par le plaisir de la littérature et de la réflexion philosophique qu'a commencé le dur labeur de l'apprentissage du français.

Aujourd'hui, j'enseigne la philosophie. J'ai aussi enseigné en français. Et je viens de recevoir mon plus beau cadeau d'anniversaire. Une maison d'édition allemande m'a demandé la permission d'utiliser un de mes textes pour un livre d'apprentissage de la langue française. C'est la deuxième fois que cela se produit. On utilise aussi un de mes textes dans les universités canadiennes pour le même usage.

Tout ce que j'espère maintenant, c'est que les Canadiens anglais et les Allemands aient du plaisir à apprendre à écrire en français. Il faudrait aussi que les Québécois les imitent, jeunes ou vieux.




L'école de demain : le Ischool

02 06 2009

Ces jours-ci, beaucoup de collègues s'inquiètent de l'arrivée prochaine d'élèves issus de la réforme du secondaire. Parviendront-ils à assister à un cours magistral? Vont-ils pouvoir se débrouiller en classe individuellement? S'ils n'apprennent désormais qu'en réalisant des projets en équipe, comment vont-ils faire pour écouter un enseignant discourir pendant quelques minutes seulement? Vont-ils pouvoir travailler seuls? Peuvent-ils chercher de l'information, la compiler, la classer et finalement rédiger un texte cohérent?

Mais, d'après moi, ce qui est plus inquiétant encore, c'est que l'institution d'enseignement n'évolue pas assez rapidement. Au-delà des réformes, des méthodes d'apprentissage, des stratégies pédagogiques, ce qui ébranle le plus profondément le système d'éducation actuel, c'est la révolution des TICS. Ce qui menace le plus la structure de la langue écrite, le code orthographique, c'est bien plutôt les textos et les tics que les multiples réformes du secondaire.

Il y a un changement de culture chez les jeunes dont il faut tenir compte sous peine de disparaître comme les dinosaures. L'enseignement devra changer, sinon les jeunes continueront de décrocher et de chercher ailleurs d'autres sources de connaissances.

Regardez ce vidéo pour vous en convaincre. Si le lien ne fonctionne pas, cliquez ici.




Une p'tite vite?

18 05 2009

Je remarque, sur tous les blogues que je fréquente et sur le mien, que les billets courts sont toujours plus populaires et que les réactions sont plus nombreuses qu'à la suite de plus ou moins longs textes. Est-ce à dire que les p'tites vites sont toujours plus appréciées que les longs préliminaires et les lents développements? Il y aurait beaucoup de choses à dire sur les blogues à cet égard, mais ce serait long et personne ne lirait jusqu'au bout. Aussi bien hacher le contenu en petites parties. À la prochaine!




De la santé jusqu'à la fin de vos jours!

14 05 2009

Lorsqu'on souhaite à quelqu'un de la santé jusqu'à la fin de ses jours, est-on conscient qu'on lui souhaite presque de mourir subitement? Car si la personne est en santé, elle ne mourra pas de maladie ni de vieillesse, mais à la suite d'un accident, puisque la personne était en santé par définition au moment où l'incident est survenu...

Quoi qu'il en soit, la personne est en santé jusqu'à la fin de ses jours, donc elle ne vieillira pas dans un hospice, ni ne mourra aux soins intensifs, ni tranquillement dans un lit d'hôpital sous des doses massives de morphine. Dans le fond, ce que l'on souhaite lorsqu'on dit à quelqu'un de la santé jusqu'à la fin de vos jours, c'est qu'elle meurt sans s'en rendre compte. Pas immédiatement, évidemment, mais que la mort la surprenne sans qu'elle puisse se méfier ou se préparer. Que la mort passe inaperçue!

On ne veut pas voir la mort venir, jamais. On la repousse du mieux qu'on peut en se gardant en santé. Pour vivre plus longtemps et plus intensément, dit-on. Car on ne peut y échapper. Pourtant, la santé demeure le dernier rempart contre la maladie et la mort. C'est une tautologie. On veut éviter la mort en se gardant en santé le plus longtemps possible.

D'un autre côté, on ne veut pas que le temps marque notre corps de façon indélébile; ce qu'il ne manquera pas de faire assurément. De la santé jusqu'à la fin de nos jours pour parodier notre désir d'éternité. Vieillir en santé, contre le temps qui désagrège les éléments, quels qu'ils soient. Nier que le corps s'use. Le bichonner comme notre bien le plus précieux. De la santé jusqu'à la fin de nos jours marque une étape de l'évolution humaine qui idolâtre le physique, l'apparence au détriment de la spiritualité, de la recherche du bonheur par la voie des cieux comme au temps jadis.

Vieillir plus vieux, plus en forme, plus en santé, plus en beauté, voilà l'objectif ultime de tout un chacun. Le mantra pour garder le cap : de la santé jusqu'à la fin de vos jours. L'église nouvelle : les centres de conditionnement physique qui pullulent. Les prêtres : les entraîneurs. Les messes : les ordres donnés, les conseils, les imprécations des diététiciens. La nourriture saine a remplacé la nourriture spirituelle. La pénitence, c'est faire de l'activité physique jusqu'à ce que la sueur sorte de partout. Le méchant, le mal, sort de ce corps! L'antéchrist a été remplacé par les oxydants, l'hostie par les antioxydants.

On ne monte plus les marches de l'Oratoire Saint-Joseph à genoux pour atteindre le paradis, mais pour se tenir en forme et avoir un corps sculpté apollinien.

Bref, je vous souhaite de la santé... jusqu'à la fin de vos jours...




Le décrochage scolaire et les gars

11 05 2009

On sait que le décrochage scolaire au secondaire touche presque deux fois plus les garçons que les filles depuis des années, selon les statistiques officielles du ministère de l'Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), soit près de 32 % des garçons et seulement 19 % des filles. Pourtant, on ne fait rien de bien nouveau dans le système scolaire pour remédier à la situation.

Bien sûr, plusieurs facteurs ont été avancés pour expliquer le phénomène. La Table des partenaires sur la persévérance scolaire Montréal résume ainsi la situation : « Les recherches ciblent plutôt le rapport, les attitudes ainsi que les stratégies que développent les garçons envers l'école et le métier d'élève, la socialisation dans la famille et à l'école, le rythme d'apprentissage et les facteurs sociaux tels que le milieu social dans lequel évolue l'enfant ou l'adolescent. »

Il y a plusieurs années, dans La Presse et sur mon propre site internet, j'ai énuméré d'autres éléments d'explication de l'écart entre les résultats scolaires des garçons et des filles : les pères absents dans le soutien scolaire à la maison, la place prépondérante de l'audiovisuel et des jeux vidéo dans l'univers culturel des garçons, le rôle du modèle de l'élève idéal passif et à l'écoute dans le système d'éducation, l'accent mis sur la théorie au détriment de la pratique en classe, l'importance de la variété des activités d'apprentissage correspondant davantage aux styles cognitifs différents entre les garçons et les filles, l'omniprésence et l'omnipotence de la langue (d'enseignement et secondaire) dans le système d'éducation, etc.

Plusieurs projets pilotes ont été mis en place afin de trouver des solutions concrètes à l'écart qui se creuse en éducation entre les garçons et les filles à tous les niveaux : classes non mixtes, programmes sport-étude, programme musique-étude, enseignement par projets, etc. Aucun projet pilote n'a cependant été implanté à grande échelle, car aucun n'a donné des résultats concluants et satisfaisants.

Bref, le problème du décrochage scolaire persiste et les garçons sont encore et toujours les plus durement touchés. Le rapport Ménard propose des pistes de solution qui seront empruntées par le MELS, selon la ministre Courchesne.

Toutefois, le bât blesse à un endroit précis et on semble s'aveugler collectivement pour ne pas le voir, car il y a une dimension politique et idéologique. C'est l'importance trop grande qu'a prise la langue d'enseignement dans le système d'éducation.

D'une part, les études montrent depuis de nombreuses années que les garçons maîtrisent moins rapidement les rudiments de la langue maternelle, quelle qu'elle soit, d'autre part, on tente de discriminer les élèves dès leur plus jeune âge sur cette base. Résultat : dès leurs premiers contacts avec l'école, les garçons se sentent exclus du processus, à l'écart, dévalorisés, pas sur le même pied que les filles.

Pénalisés dès le départ du parcours scolaire par leur moins grande maîtrise de la langue d'enseignement, il n'est pas surprenant que les garçons tentent de se valoriser ailleurs qu'à l'école. D'autant plus que l'école met de plus en plus l'accent sur la réussite scolaire qui passe nécessairement par la maîtrise de la langue d'enseignement. C'est devenu une condition sine qua non.

Autrement dit, la majorité des garçons sont pénalisés dès le départ par leur différence de maturation dans la maîtrise de la langue d'enseignement et on accentue leur exclusion du système en en faisant une condition sine qua non du succès scolaire.

Et la ministre Courchesne, comme toutes les personnes qui œuvrent dans le système d'éducation, veut mettre encore plus d'accent sur la maîtrise de la langue française et des langues secondaires dans le système d'éducation. Une façon efficace d'exclure encore davantage les garçons du cursus scolaire.

Répétons-le : l'acquisition de la maîtrise de la langue maternelle ne se fait pas au même rythme chez les garçons que chez les filles, en général. Il y a bien sûr des exceptions. Quelques garçons acquièrent plus tôt que d'autres les habiletés langagières. Certains deviennent enseignants et perpétuent le préjugé selon lequel l'éducation doit se faire au même rythme pour tous, le succès scolaire dépendant uniquement de l'effort mis à réussir.

Pourtant, les études les plus récentes et les observations les plus élémentaires le montrent : les garçons acquièrent plus lentement les habiletés langagières et la motricité fine. Dès le primaire, les garçons écrivent moins bien leur langue maternelle et ont plus de difficulté à former des lettres proprement.

Alors pourquoi vouloir mettre à tout pris l'accent seulement sur l'acquisition de la maîtrise de la langue dans le système d'éducation? Pourquoi nier les rythmes d'apprentissage différents de la langue maternelle à l'école et tout au long du parcours scolaire? Pourquoi s'aveugler sur les statistiques alarmantes quand on compare les résultats en français entre les garçons et les filles? Pourquoi ne pas voir que les classes de français 103 au collégial (le cours préparatoire à l'Épreuve uniforme en français) sont composées au 2/3 de filles? Et pourquoi inversement les classes de mise à niveau en français au collégial sont composées au 2/3 de garçons? Pourquoi ne pas dire clairement les choses et affirmer haut et fort qu'on sanctionne l'apprentissage plus lent des garçons quant à leur maîtrise de la langue tout au long du parcours scolaire? Et, par le fait même, qu'on discrimine involontairement les garçons à l'école?

Pourtant, il y aurait quelques pistes de solution à envisager. Ce sera l'objet d'un autre billet.




En avoir ou pas

10 05 2009

Ce texte est déjà paru dans La Presse l'an dernier sous la rubrique Ah! La vie!

«Maintenant que vos enfants sont assez grands pour se garder eux-mêmes, je vais enfin pouvoir vous inviter à souper chez moi.» C'est ainsi qu'un vieil ami nous a invités dans sa demeure pour souligner un événement important. Il avait attendu que nos enfants soient assez vieux pour ne plus avoir à les inviter eux aussi afin de nous recevoir.

D'un côté, on pourrait prendre cette marque d'attention de façon très positive en se disant qu'il voulait surtout nous rencontrer, nous comme couple, sans les enfants qui viendraient immanquablement perturber nos discussions. D'un autre point de vue, on pourrait s'offusquer de cette invitation en supputant que nos enfants, donc une partie importante de notre vie, sont à dédaigner.

On sait bien qu'il y a des gens qui ne supportent pas les enfants, comme s'ils ne l'avaient jamais été eux-mêmes. Certains autres les perçoivent comme des menaces pour la quiétude des conversations et la préservation de leurs biens fragiles.

Mais cette remarque en apparence anodine de notre copain révèle davantage de choses. Il y a d'abord de l'indifférence à l'égard des enfants et un agacement face à leur présence. Ensuite, plus profondément, il y a un choix de vie qui ne mérite pas le droit de citer dans la société d'aujourd'hui.

En effet, les parents ont souvent l'impression de déranger ou d'ennuyer ceux qui n'ont pas d'enfants lorsqu'ils parlent de leur progéniture. Pourtant, ceux qui n'en n'ont pas ne se gênent pas pour raconter pendant des heures leurs nombreux voyages, les pays visités et les endroits secrets découverts de par le vaste monde.

De fait, ceux qui n'en n'ont pas discutent de vins, de voyages, de loisirs chers en imposant ainsi leur mode de vie comme sujet universel de discussion. Mais ils se montrent aussitôt agacés lorsque des enfants entrent dans leur décor. Tout au plus, ils peuvent les tolérer quelques heures s'ils ne parlent pas trop et ne font pas trop de bruits.

Par contre, ceux qui en ont savent combien il est difficile de glisser dans les conversations des allusions à leur vie familiale pourtant bien remplie. Quand ils parlent des bons coups de leur progéniture ou du bonheur d'avoir des enfants, ils sont fatalement jugés comme des personnes obnubilés par leur choix de vie et qui veulent se convaincre de la justesse de ce choix aux yeux des autres. « On le sait bien que vous avez des enfants, ne venez pas vous en vanter en plus! »

De même, ceux qui en ont savent qu'il est presque impossible de parler de leurs difficultés de vie familiale, tant le sujet est tabou ou ennuyeux. « Vous avez voulu avoir des enfants, ne venez pas vous plaindre en plus! »

Pourtant, une étude révélait l'an dernier que le coût moyen pour élever un enfant au Canada était de 10 000 $ par année! Deux enfants représentent donc un déboursé de 20 000 $ par an. Ainsi de suite. On comprend alors l'hésitation des jeunes de vouloir fonder une famille.

Bref, pour avoir des enfants, il faut savoir se priver afin de partager les ressources limitées et surtout se priver d'en discuter. Car ceux qui n'en ont pas ne veulent pas savoir combien il est difficile de joindre les deux bouts pour une famille. Ils ne veulent pas savoir davantage que la vie familiale regorge de moments de pur bonheur, de moments uniques et inoubliables.

«Vous en avez voulus, alors assumez-en les conséquences! Ne venez surtout pas nous achaler avec vos doléances familiales ou vos émerveillements devant les exploits de vos rejetons! Mais écoutez comme il est agréable de manger dans les restaurants branchés, de voyager partout sur la planète, d'assister à tous les spectacles, de lire les derniers livres à la mode, de se louer des chalets l'été et de prendre une retraite au soleil. En paix, sans enfants dans les parages...»




Le décrochage scolaire et les syndicats

28 04 2009

C'est la faute des syndicats et des conventions collectives!

Je suis tanné d'entendre dire par à peu près tout le monde que, lorsque quelque chose va mal, c'est la faute des syndicats. Lorsque l'économie va mal, c'est la faute des syndicats. Lorsque les élèves décrochent, c'est la faute des syndicats et à leurs trop rigides conventions collectives qui empêchent les enseignants et les écoles de mettre de l'avant des projets innovateurs. Lorsqu'il pleut trop souvent, c'est également la faute des syndicats qui font des « lignes de piquetage » à tout bout de champ... qui se transforment en danses de la pluie!

Sans compter que, si l'économie va mal, ce n'est pas la faute des hommes d'affaires véreux et des spéculateurs, mais des syndicats qui déclenchent des grèves qui, comme on le sait, ne donnent jamais rien.

Pourtant, s'il n'y avait pas eu de grèves dans le passé, on n'aurait pas des conditions de travail acceptables ni de salaires décents aujourd'hui. Si les étudiants avaient déclenché des grèves lorsque les gouvernements menaçaient de dégeler les frais de scolarité dans les années 80, ils paieraient peut-être beaucoup moins cher pour leur session à l'université aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit de l'efficacité ou non du syndicalisme en général, cela n'a jamais empêché aucun enseignant de proposer ou de réaliser des projets innovateurs, en tout cas au Collège où j'enseigne. C'est plutôt l'administration qui met des bâtons dans les roues quelquefois et qui empêche certains projets de voir le jour. Jamais le syndicat.

Le plus drôle, ou le plus pathétique, c'est que ce sont souvent ceux qui gueulent le plus contre les syndicats qui sont les premiers à recourir à leurs services lorsque quelque chose ne fonctionne pas à leur goût. Ce sont souvent les premiers à exiger que les syndicats les protègent contre tel ou tel abus de la part des patrons ou du gouvernement.

Finalement, à qui cela profiterait-il le plus que les conventions collectives soient plus souples, moins contraignantes, moins protectrices? Qui détient le pouvoir dans les écoles ou qui voudrait en avoir davantage?

En fait, le seul contrepoids que détiennent les enseignants face au pouvoir énorme du gouvernement et des directions d'établissement scolaire consiste à militer dans un mouvement syndical fort qui peut lutter à armes presque égales avec les patrons. Sinon, aussi bien revenir aux conditions de travail des enseignantes de rang qui non seulement étaient méprisées par la population en général, mais à peine respecter par les élèves. Sans compter que leur salaire les réduisait souvent à la quasi-pauvreté...

 




Ai-je raison d'avoir tort?

27 04 2009

On commence à connaître quelqu'un vraiment lorsqu'on le voit avoir tort. Comment la personne va-t-elle se comporter? Certaines personnes réagissent par la colère en criant pour intimider leurs interlocuteurs, d'autres par le dénie et le refus de reconnaître leurs errements, d'autres se rebiffent en triturant les arguments pour ne pas avoir l'air dans l'erreur et d'autres, plus rarement, avouent en reconnaissant humblement leurs torts. Ceux qui reconnaissent d'emblée leurs limites sont rarissimes et précieux.

Moi, je suis la plupart du temps prêt à avouer mes torts. J'ai rarement l'impression d'avoir raison. En fait, et je l'ai déjà dit sur ce blogue, je donne souvent raison à des gens qui ont tort même si je sais que j'ai raison. C'est d'ailleurs ma tare, de me donner tort lorsque j'ai raison... Vous comprenez qu'on ne peut pas toujours avoir tort, non? Ai-je raison de donner raison à ceux qui ont tort et de me donner tort alors que j'ai raison? Ma tare est d'être mou comme un saule qui plie au gré du vent, alors que d'autres sont robustes comme des chênes et ne plient jamais. Ils cassent direz-vous? Quelquefois, mais cela prend du temps. Et tout ce temps, ils croient avoir raison alors qu'ils ont tort. Et moi je me tords de douleur de leur donner raison alors qu'ils ont tort tout en sachant que c'est ma tare qui leur donne raison alors que c'est moi qui ai raison, mais qui a tort de leur donner raison... Vous me suivez?

 




Ipod, Walkman et individualisme

25 04 2009

J'ai beaucoup de difficulté à écouter de la musique sur mon iPod. C'est que, lorsque je mets les écouteurs dans mes oreilles, j'ai l'impression de me couper du monde. Les bruits ambiants disparaissent pour laisser la place à de douces mélodies.

Je sais que c'est cela le principe même des lecteurs MP3, se couper du monde pour rentrer dans son propre univers musical. Mais j'ai beaucoup, beaucoup de misère à me cloisonner dans un univers parallèle à celui dans lequel je baigne corps et âme. S'évader, c'est le mot à la mode. Partir en vacances, en voyage, triper, oublier, se ressourcer, couper les ponts, tailler la zone, etc. Le iPod permet de s'évader à peu de frais dans un univers sonore personnel, tout en étant en plein milieu du bruit et de la fureur du monde citadin, par exemple. Pourtant, j'aime encore mieux les tonitruants bruits des marteaux-piqueurs que la douce voix de Chloé Sainte-Marie lorsque je suis à proximité d'un chantier de construction.

Je suis fait comme cela, on dirait. Écouter de la musique à tue-tête, pour enterrer le bruit ambiant de la rue ou des voisins, très peu pour moi. Je tiens à rester connecté à mon monde. Sans doute est-ce dû à un sentiment d'insécurité. Pour me reposer les tympans, rien de mieux que de découvrir un endroit calme et « écouter » le silence.

Cela me rappelle que Sony avait lancé son Walkman dix années trop tôt. Le produit imaginé par Cyrano de Bergerac avait fait son entrée dans le monde au mauvais moment. La compagnie Sony avait reconnu son erreur. Les gens n'étaient pas prêts à se séparer les uns des autres en public par un rideau musical. Les mélodies servaient plutôt à rassembler les individus. L'esprit communautaire qui avait cours dans les années 70 ne préparait pas les jeunes à s'isoler les uns des autres en se mettant des écouteurs sur la tête. C'est seulement dix ans plus tard que Sony a pu relancer son produit, le Walkman, avec succès. L'esprit communautaire avait laissé sa place à l'individualisme. Les dirigeants de Sony ont flairé la bonne affaire et ils ont ressorti le produit qui avait connu un retentissant échec dix années plus tôt.

Aujourd'hui, non seulement on se promène avec des écouteurs sur la tête, mais de plus en plus de personnes ont des téléphones miniatures dans leurs oreilles. Ils portent des lunettes, ils ont des dents blanches tout alignées et ils parlent sans arrêt à d'autres individus absents de leur entourage immédiat, tout en écoutant de la musique. Et souvent, ils divorcent, car ils ne sont plus capables de s'entendre ou de se parler. Ce qui revient au même.

 




Le retour de la Lanterne

23 04 2009

Juste un petit mot pour vous dire que mon site internet La Lanterne de Diogène est de nouveau en ligne à ces deux nouvelles adresses: sur le serveur du Collège ici et aussi chez Prof Web.




Les trois qualités essentielles d'un enseignant

21 04 2009

Si on me demandait comme cela à brûle-pourpoint quelles sont les trois qualités essentielles d'un bon enseignant, je répondrais spontanément : la tolérance (être serein devant l'adversité), l'humour et la capacité à faire image. Évidemment, il faut également une certaine compétence dans la matière enseignée, mais je ne crois pas que cela soit souvent un problème au niveau collégial, étant donné qu'on engage généralement des enseignants possédant au moins une maîtrise dans la discipline.

Être calme, quoi qu'il arrive. Les étudiants méprisent les enseignants qui crient pour se faire respecter. Vaut mieux sortir de la classe, aller faire un tour dans les corridors et revenir quand la moutarde est retombée du nez que de perdre la face devant un groupe. La sérénité rassure les étudiants et on peut se faire respecter autrement qu'en levant le ton. Des répliques sarcastiques émises sur un ton badin peuvent replacer un irascible plus assurément que le survoltage nerveux.

De l'humour, encore et toujours de l'humour. Il ne s'agit de pas de faire le clown à l'avant de la classe, quoique cela peut servir à l'occasion, mais de détendre l'atmosphère afin de prédisposer les étudiants à apprendre avec le sourire. Un soupçon d'humour attire l'attention et ouvre les esprits à l'écoute dynamique.

Finalement, des images pour faire image. Schématiser, illustrer, imaginer. Donner des exemples compréhensibles pour les étudiants. L'art de l'enseignant provient souvent de sa capacité à bien choisir les mots qui vont faire image dans la tête des étudiants. Une fois l'image saisie, les étudiants peuvent l'associer à d'autres images plus aisément. Après, il sera toujours temps d'aborder les abstractions. Raconter des histoires, devinettes et énigmes, donner des exemples-chocs, relier le contenu du cours à l'actualité ou aux expériences personnelles des étudiants, voilà des moyens simples afin d'éveiller les esprits des jeunes d'aujourd'hui.

Ces qualités ne sont pas réparties uniformément parmi la gent enseignante. Elles ne sont peut-être même pas aussi essentielles que je le pense. Il n'y a rien de scientifique dans mes propos. Ce ne sont que des suppositions issues de mon expérience d'une vingtaine d'années d'enseignement au Collégial.

 




La logique des auteures...

10 04 2009

Je ne sais pas pourquoi, mais depuis quelque temps, je ne lis que des auteurs féminins. Par exemple, depuis le début de l'année, j'ai lu des romans d'Annie Ernaux, d'Amélie Nothomb, de Fred Vargas, d'Emmanuelle Bernheim, de Danièle Sallenave, etc. Il n'y a pas de raisons précises, seulement une coïncidence. J'ai trompé ces auteures par la lecture d'un recueil de nouvelles savoureux de David Lodge, L'Homme qui ne voulait plus se lever, et d'un petit manuel pratique de philosophie intitulé La philo est un jeu de Christophe Verselle.

Parmi les titres que je peux vous suggérer de mes écrivaines favorites, citons : Les Armoires vides, La Place, Une Femme d'Annie Ernaux. Je ne vous recommande pas son dernier livre biographique et impersonnel, Les Années, car j'ai moins apprécié la distance critique qu'elle tenait à mettre dans ses propos, ce qui désincarne son style déjà dépouillé. D'Emmanuelle Bernheim, je vous suggère surtout Sa Femme et Le Cran d'arrêt et Un Couple. Amélie Nothomb, n'importe lequel de ses livres, mais plus particulièrement, Stupeur et tremblements, Hygiène de l'assassin et Métaphysique des tubes. De Fred Vargas, je n'ai lu et dévoré que L'homme aux cercles bleus, Pars vite et reviens tard et surtout son Petit Traité de toutes vérités sur l'existence. Finalement, pour tous les enseignants spécialement, courrez acheter Les Lettres mortes Danièle Sallenave. Cela vous réconfortera.




La bonté selon Franklin

09 04 2009

Voici un beau message provenant de JMG : « Pour moi, cette belle phrase se rapproche de celle qui dit que mentir à autrui est se mentir à soi.
J'ajouterais que mépriser autrui revient également à se mépriser soi-même.
Dans les trois cas, cela signifierait que nous portons autrui en nous même, au moins par l'image qu'on s'en fait.

La bonté envers autrui est grande bonté envers soi-même.

Benjamin Franklin»




I'm a frog, your a frog, kiss me

08 04 2009

Il était une fois un étang à grenouilles. Tous les jours, la population de grenouille augmentait du double de sa population totale. La première journée, il y avait une grenouille. La deuxième, deux grenouilles. La troisième, quatre amphibiens. La quatrième, huit. Etc.

Supposons que l'étang sera rempli de grenouilles le centième jour. À quel moment l'étang sera-t-il rempli à moitié?

Si vous avez répondu au cinquantième jour, vous avez répondu trop rapidement. Ce sera seulement au 99e jour que l'étang sera rempli à demi. Le lendemain, il sera trop tard : il y aura saturation de l'espace disponible.

Cette fable a été racontée par Albert Jacquard, entre autres, pour expliquer les dangers de la surpopulation qu'on ne constate pas avant qu'il ne soit presque trop tard.

On peut appliquer cette fable à d'autres domaines et dire que la Terre, par exemple, va être polluée presque à pleine capacité avant qu'on s'aperçoive qu'il est déjà trop tard, car au jour 99, on aura toujours l'impression que l'espace à polluer est encore plus que suffisant et que la Terre peut absorber encore son lot de pollution diverse.

On peut aussi appliquer cette fable à l'assimilation du français en Amérique. On est à moitié assimilé et on ne s'en rend même pas compte encore. On est sur le point de basculer peut-être au jour 100 où il sera trop tard.

Partout, l'anglais aura gagné du terrain. Dans l'éducation, au cinéma, en musique, à la télévision, en littérature, etc. C'est tellement plus intéressant de lire en anglais des auteurs anglophones. Et c'est moins cher. C'est tellement plus intelligent d'écouter des émissions américaines qui sont infiniment plus intéressantes et nombreuses que les émissions québécoises. C'est tellement plus normal d'aller au cinéma et d'écouter des films dans leur version originale. Et il faut préparer les enfants, les futurs travailleurs, à affronter le marché mondial en anglais, pour jouer sur le même terrain que les grands de ce monde.

Le français en Amérique dans tout cela? Folklorisation d'une langue et Louisianisation d'une culture. Ne se fait-on pas déjà appeler Frogs?




Un système privé public?

07 04 2009

Un jour, un peuple a décidé de financer un système public de services pour tous, quelles que soient les conditions financières des bénéficiaires. Après quelque temps, les plus riches de la société décidèrent de mettre sur pied leur propre système parallèle de services pour les mieux nantis. Un système plus efficace, mais réservé à une élite de la population seulement. Seuls ceux qui ont de l'argent peuvent utiliser ce système performant. Mais, pour être « équitable », tous les contribuables devront payer une partie du système privé pour les mieux nantis. Disons, 60% des coûts seront supportés par l'ensemble de la population. Ainsi, ce système sera un peu plus accessible à la population qui n'a pas les moyens des plus riches, mais qui est capable de se sacrifier par ailleurs en se serrant la ceinture pour bénéficier des services accrus.

Évidemment, tous paient pour qu'une petite partie de la population bénéficie d'un surcroît de services. C'est là une injustice criante. On la camoufle en disant que c'est pour le bien de tous. Évidemment, comme les plus riches paient une partie de leurs privilèges en plus de payer comme tous les autres pour le service public, on soutient que le système public ne pourrait pas répondre à la demande si on abolissait les privilèges du système privé. Si tout le monde revenait au secteur public, celui-ci croulerait sous la demande. Il faut que les plus riches puissent bénéficier de privilèges qu'ils se paient en partie pour que les moins fortunés puissent continuer de bénéficier de services de moindre qualité.

Même la ministre de l'Éducation, du Loisir et du Sport, Michelle Courchesne, a soutenu cette position dernièrement en affirmant qu'on ne pouvait tout simplement pas abolir les subventions de l'État aux écoles privées, car, ce faisant, on abandonnerait la population de la classe moyenne qui serait obligée d'envoyer leurs enfants dans les écoles publiques...

Alors, qui « reste » au secteur public du système de l'éducation, Madame la ministre?

Les sous-entendus de cette déclaration sont trop nombreux pour qu'on n'y accorde pas un autre billet prochainement.




Les sanglots de l'homme québécois

31 03 2009

Bernard Landry a été accusé d'avoir fait une dérive ethnique en commentant la nomination de Michel Sabias à la tête de la Caisse de dépôt et placement. Certains tentent de justifier ce choix en affirmant que le nouveau directeur général ne vient pas de la tribu québécoise (Québec inc.) et que cela sera une bonne chose. Sortons de la vision étroite et sectaire québécoise, soutiennent d'autres spécialistes de la finance.

Dans d'autres domaines, culturel notamment, il ne faut pas soutenir la spécificité québécoise trop fortement sous peine de se faire passer pour un vieux nationaliste dépassé, replié sur lui-même, ethnocentrique, raciste presque, xénophobe certainement, isolé du monde, ou encore vivant dans un passé folklorique.

La fierté québécoise est devenue suspecte. Elle renferme nécessairement du ressentiment. On aura beau protester de son ouverture d'esprit à l'autre, au monde entier, reste qu'il y aura toujours un soupçon. Pourquoi être fier d'être Québécois à l'heure de la mondialisation de l'économie et de la culture? Pourquoi favoriser l'identité, la ressemblance, les points en commun, l'enracinement, alors que l'air du temps est au mélange des genres, à la multiethnicité, à la différence, à l'ouverture à l'autre, à la globalisation, etc.?

Devrions-nous avoir honte d'être Québécois? Il faudrait définir le terme, disent les uns, Québécois inclusif ou Québécois exclusif? Québécois : habitant du Québec parlant français ou habitant du Québec sans autres attributs?

Je laisse ce débat à d'autres pour l'instant, ce qui est important pour moi maintenant est plutôt de décrire le sentiment de culpabilité ou de malaise qu'on ressent chaque fois qu'on met de l'avant la fierté d'être Québécois et qu'on doive se justifier devant les attaques sur les supposés sous-entendus du terme.

Le discrédit sur la fierté québécoise est tel qu'il faut regarder les émissions américaines en anglais, sous peine d'être déclassé comme unilingue francophone, ce qui est devenu une insulte. Il faut écouter les films en anglais, dans la langue originale, si on veut être in. Sinon, si on attend les traductions, on est fermé d'esprit et on ne goûte pas la pleine saveur du fruit. Il faut également lire les livres en anglais des auteurs anglophones pour montrer son savoir-faire, et cela coûte décidément moins cher que d'attendre, encore une fois, la traduction française qui, de toute façon, trahit toujours l'auteur.

La fierté d'être Québécois est mise à rude épreuve depuis quelque temps. Naguère, les compagnies américaines et canadiennes publicisaient leurs produits en soutenant la fierté des Québécois. Combien de campagnes de publicité des années 70 entonnaient le chant du nationalisme québécois? Aujourd'hui, serait-ce possible?




L'effet pervers de la cote R

22 03 2009

Mon fils étudie au collège où enseignent ses parents. Pauvre de lui! ;-) Quoi qu'il en soit, il vient de réaliser que la cote R nuit aux études et à la diplomation. La plupart de ses amis choisissent moins de cours par session afin d'augmenter leurs notes et, par le fait même, leur cote R. Lui, il ne veut pas abandonner de cours avant la date limite, car il aimerait terminer ses études en Sciences humaines en deux ans, la durée prévue. Mais, maintenant, il se trouve devant un dilemme : abandonner des cours ou accepter d'avoir une moins bonne cote R s'il veut respecter le délai prescrit par le MELS. En effet, comme la charge de travail est grande aujourd'hui, même en sciences humaines, lorsqu'on veut bien réussir (voir mon autre billet sur la révision des programmes qui augmente toujours le nombre d'heures de cours et d'études depuis quelques années), il obtiendra de moins bonnes notes que ses amis qui se concentrent sur cinq ou six cours seulement par session. La cote R de mon fils va s'en ressentir, car les autres étudiants auront de meilleures notes que lui puisqu'ils ne suivent pas le même nombre de cours par session. Lui, il va compléter ses cours dans le délai prévu, mais avec de moins bonnes notes que s'il avait abandonné un ou plusieurs cours. Bref, en plus de la surabondance de travail qu'on exige maintenant des étudiants, on ajoute une pression supplémentaire en les faisant compétitionner entre eux avec la cote R, ce qui augmente le taux d'abandon.




Deux Anglos à la tête d'institutions québécoises pure laine?

13 03 2009

Cette semaine, on envisage sérieusement la possibilité que deux Anglophones prennent la tête de deux institutions québécoises profondément ancrées dans les mœurs québécoises. Il s'agit de Don Lever comme entraîneur des Canadiens de Montréal et de Michael Sabia qui pourrait tenir les rênes de la Caisse de dépôt et placement du Québec.

Est-ce que ces deux possibilités de nomination à la tête de deux fleurons québécois auraient été envisageables dans les années 1970? Évidemment, cela aurait été impossible. D'autant plus que le club de hockey le Canadien de Montréal a été fondé il y a 100 ans pour donner une chance à des joueurs francophones du Québec de jouer dans la ligue nationale de hockey. Et la Caisse de dépôt et placement a été mise sur pied par Jacques Parizeau en 1965 pour donner un levier économique puissant aux Québécois et leur assurer un avenir stable.

Deux Ontariens (Lever est unilingue anglophone et Sabia parle avec un fort accent anglais) seraient les dirigeants de deux entreprises québécoises qui ont été créées afin de donner des possibilités d'avenir à des Québécois.

Le seul fait d'envisager sérieusement ces deux possibilités sans que cela ne provoque des vagues de protestations illustre bien l'état d'esprit des Québécois d'aujourd'hui. Pire, il se trouve de nombreux Québécois qui soutiennent et applaudissent ces deux nominations.

La devise des Québécois est-elle vraiment : Je me souviens?




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